Niger : le FPLN, proche de Bazoum, garde le silence face au partenariat militaire avec Alger

Le Front patriotique de libération du Niger (FPLN), mouvement proche de l’ancien président Mohamed Bazoum, ne s’est toujours pas exprimé sur l’envoi de troupes algériennes au Niger, deux jours après le feu vert du Parlement algérien. Pendant ce temps, les soutiens du pouvoir à Niamey défendent un partenariat militaire présenté comme respectueux de la souveraineté nigérienne.

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le ministre délégué à la defence nationale, M. Said chengriha en compagnie du ministre de la defense du Niger
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Quarante- huit heures après le vote à Alger de l’envoi de troupes de l’ANP au Niger, des médias étrangers ainsi que des organes représentant la diaspora nigérienne en Europe évoquent des « voix » opposantes à ce déploiement militaire algérien chez le pays voisin, mais aucune personnalité ou organisation identifiée ne s’est encore exprimée sur le sujet.

À contrario, la Coordination Nationale du Projet civilo-militaire, une organisation qui se veut un lien de communication entre les citoyens et les nouveaux dirigeants à Niamey, s’est exprimée longuement dans une contribution intitulée « Niger – Algérie : la vérité sur un partenariat souverain».

Cette coordination précise d’emblée que « Contrairement à certaines interprétations erronées qui circulent, il ne s’agit en aucun cas de l’arrivée de troupes algériennes pour assurer la sécurité du Niger ».

Le Niger assure lui-même sa propre sécurité par ses Forces de Défense et de Sécurité (FDS), selon la CNPCM. Pour les troupes de l’armée algérienne qui seront envoyées au Niger, il s’agit donc d’une « coopération, pas une substitution », ajoute la même source, estimant qu’« aucune armée étrangère ne viendra sécuriser le Niger à notre place ».

Des troupes du FDS seront envoyées en Algérie

Selon cette organisation qui intervient spécialement dans le domaine de l’emploi, les partenaires algériens interviendront au Niger dans le cadre strict d’une collaboration d’égal à égal. Elle cite les domaines de cette intervention, à savoir : « formations conjointes sur notre territoire, partage d’expérience opérationnelle, exercices communs et coordination du renseignement, au même titre que nos FDS se rendront en Algérie ».

Pour la même organisation, classée comme proche du pouvoir, le choix de l’Algérie n’est pas fortuit. « L’Algérie est aujourd’hui la 27e puissance militaire mondiale et la 2e en Afrique, derrière l’Égypte, selon le classement Global Firepower 2026. Une armée aguerrie, dotée et structurée, avec laquelle nous partageons plus de 900 km de frontière commune », écrit-elle, rappelant les propos du général d’armée Salifou Mody, qu’elle présente comme la doctrine militaire du Niger. Ce dernier a expliqué que « Désormais, le Niger ne signe que des partenariats stratégiques, dignes, respectueux de notre souveraineté et dictés par nos seuls intérêts nationaux »…

Enfin, la CNPCM dévoile quelques pistes concrètes des missions des troupes algériennes qui vont se rendre au Niger. Parmi ces missions, la « Sécurisation du tracé de la Transsaharienne, formation de haut niveau, dotation en équipements modernes et coordination du renseignement frontalier ».

Ce que prévoit la charte de Refondation

Pour répondre aux « voix » qui s’opposent au partenariat avec l’Algérie, les soutiens du président Tiani mettent en avant la Charte de la Refondation, promulguée en mars 2025. Cette Charte stipule dans son article 44 que « Tout acte de cession d’une portion du territoire national, de consentement à une occupation temporaire ou permanente par une force militaire étrangère, exceptés les cas d’accords de défense et de coopérations militaires régulièrement conclus, est un crime de haute trahison et d’espionnage puni comme tel par la loi ».

Et l’article 45 de la même Charte conditionne « La présence temporaire ou permanente de toutes forces étrangères sur le territoire national » à une autorisation « par le Président de la République, après consultation du peuple par voie de Référendum ». Toutefois, le même article indique qu’« en cas d’urgence avérée, cette autorisation peut être accordée par décret du Président de la République, après avis du Conseil consultatif de la Refondation sans que sa durée ne puisse excéder le temps nécessaire pour stabiliser la situation objet de l’urgence ».

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