Oran : 228 kg de cocaïne et 67 kg de kif saisis en quelques jours

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Les saisies de drogue s’enchaînent à Oran. Les services de sécurité ont mis la main sur 228 kg de cocaïne et plus de 67 kg de kif traité dans deux opérations distinctes, révélant une nouvelle fois l’ampleur des réseaux de trafic de stupéfiants auxquels les autorités algériennes sont confrontées.

Selon le quotidien El Khabar, citant un communiqué du pôle pénal spécialisé près le tribunal d’Oran, la 20e brigade de sécurité urbaine relevant de la sûreté de wilaya a saisi, le 25 août dernier, un camion transportant une importante cargaison de cocaïne, d’un poids total de 228 kg. Le chauffeur du véhicule, identifié comme N. A.Tahar, âgé de 28 ans, a réussi à prendre la fuite.

L’enquête préliminaire menée par la brigade de recherche et d’intervention de la sûreté de wilaya d’Oran a toutefois permis de remonter jusqu’à d’autres membres présumés du réseau. Vingt personnes ont été arrêtées, tandis que 46 véhicules de différentes marques ont été saisis, précise la même source.

Les suspects ont été présentés devant le parquet et font l’objet de poursuites dans le cadre d’une information judiciaire pour plusieurs chefs d’accusation, dont l’importation, la détention, le transport, le stockage et l’acquisition illégale de stupéfiants durs dans le cadre d’un groupe criminel organisé transnational, ainsi que pour contrebande de nature à menacer gravement la santé publique et blanchiment d’argent. Après leur audition, le juge d’instruction a ordonné leur placement en détention provisoire.

Plus de 67 kg de kif en provenance du Maroc

À cette importante saisie de cocaïne s’ajoute une autre opération annoncée jeudi par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). Le Service régional de lutte contre la criminalité organisée (SRLCO) d’Oran a saisi plus de 67 kg de kif traité en provenance du Maroc et arrêté un individu présenté comme appartenant à un réseau criminel organisé transnational.

Selon le communiqué de la DGSN, l’opération a également permis la saisie d’un pistolet de calibre 9 mm et de munitions réelles, ainsi que de trois véhicules de tourisme utilisés dans l’activité criminelle. Les enquêteurs ont également récupéré près de 500 millions de centimes, présentés comme provenant des revenus du trafic.

L’opération fait suite à des recherches et investigations menées sur le terrain par les éléments du SRLCO, qui ont permis de déjouer une tentative d’acheminement d’une cargaison de drogue vers l’une des wilayas de l’Ouest. La marchandise était dissimulée à bord d’un véhicule de tourisme, précise la DGSN.

Le mis en cause a été présenté devant le procureur de la République près le tribunal d’Es-Sénia, à Oran.

La réponse des autorités se durcit

Ces nouvelles saisies interviennent dans un contexte marqué par un durcissement de la réponse des autorités algériennes face au trafic de stupéfiants. Elles surviennent notamment au lendemain de l’annonce faite par le Haut Conseil de sécurité, réuni sous la présidence du chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, de la création d’une prison de haute sécurité destinée aux trafiquants de drogue.

L’établissement doit être implanté dans le Tanezrouft, vaste région désertique de l’extrême sud du pays, réputée pour son isolement. Le choix d’un tel site traduit la volonté des autorités d’apporter une réponse particulièrement sévère aux réseaux de trafic et à leurs principaux acteurs.

Cette décision intervient après plusieurs opérations d’envergure menées par les services de sécurité contre les réseaux de narcotrafic. Parmi les plus spectaculaires figure le démantèlement récent d’un important réseau de trafic de psychotropes, avec la saisie de dix millions de comprimés, présentée comme l’une des plus importantes opérations du genre en Algérie.

Un fléau qui prend de l’ampleur

À travers ces opérations, les autorités font face à un phénomène qui ne se limite plus au simple trafic de cannabis. Les saisies concernent désormais des quantités importantes de cocaïne, de kif traité et de psychotropes, tandis que les enquêtes mettent régulièrement au jour des réseaux structurés, disposant de véhicules, d’armes et de moyens financiers importants.

La localisation de l’Algérie, à la croisée de plusieurs routes de trafic entre l’Afrique subsaharienne, le Maghreb et l’Europe, en fait par ailleurs un espace particulièrement exposé aux activités des organisations criminelles transnationales.

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