Tunisie : plus de 500 opérations commerciales sous la ZLECAf, un bilan encore difficile à mesurer

Mecipsa Amokrane
4 min de lecture
La Tunisie a réalisé plus de 500 opérations commerciales dans le cadre de la ZLECAf (DR)

La Tunisie a réalisé plus de 500 opérations commerciales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), selon des données communiquées par le ministère tunisien du Commerce. Le chiffre traduit une utilisation effective du dispositif, mais ne permet pas encore de mesurer précisément son impact sur les échanges de la Tunisie avec le continent africain.

Selon les chiffres communiqués par le ministère, 534 opérations commerciales ont été réalisées sous le régime de la ZLECAf, à l’importation comme à l’exportation. L’annonce intervient alors que Tunis cherche à renforcer l’intégration des entreprises tunisiennes dans les marchés africains et à accroître la part des échanges avec le continent.

La Tunisie a commencé à utiliser concrètement le mécanisme de la ZLECAf en 2023, avec la délivrance de son premier certificat d’origine dans le cadre de l’Initiative sur le commerce guidé. Ces certificats permettent aux produits répondant aux règles d’origine de bénéficier des préférences tarifaires prévues par l’accord.

Un chiffre qui ne dit pas encore le poids économique des échanges

Le nombre d’opérations constitue un indicateur de l’utilisation du dispositif, mais il ne permet pas à lui seul d’en mesurer la portée économique. Les autorités tunisiennes communiquent par ailleurs des données sur les échanges avec l’Afrique subsaharienne, qui ont atteint 1,6 milliard de dinars en 2024. Ces chiffres couvrent toutefois l’ensemble des échanges avec cette région et ne permettent pas d’isoler la valeur des seules opérations réalisées sous le régime préférentiel de la ZLECAf.

Le chiffre de 534 opérations ne correspond pas non plus nécessairement au nombre d’entreprises bénéficiaires, une même société pouvant effectuer plusieurs transactions. Selon des responsables du secteur, 450 certificats d’origine ZLECAf avaient par ailleurs été délivrés pour des exportations tunisiennes vers l’Afrique.

Pour apprécier plus précisément l’impact commercial de l’accord, il serait donc utile de disposer d’une ventilation des opérations réalisées sous la ZLECAf par valeur, pays partenaire, produits concernés et entreprises bénéficiaires. Ces données permettraient de distinguer l’utilisation croissante du dispositif de son poids réel dans le commerce extérieur tunisien.

L’enjeu est désormais de passer des opérations à une dynamique commerciale

Pour les autorités tunisiennes, l’objectif dépasse le simple recours aux mécanismes douaniers de la ZLECAf. Il s’agit d’inciter davantage d’entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises, à se tourner vers les marchés africains.

Le développement des échanges reste cependant confronté à plusieurs obstacles : coûts et capacités logistiques, procédures administratives, connaissance des marchés, conditions de paiement et différences réglementaires entre les pays.

La ZLECAf offre ainsi un cadre destiné à faciliter les échanges, mais son effet sur les performances commerciales dépend aussi de la capacité des entreprises à l’utiliser et à développer durablement leurs débouchés en Afrique.

Le chiffre de 534 opérations constitue donc un premier indicateur de l’utilisation du dispositif par les opérateurs tunisiens. Il ne permet pas encore, en revanche, de déterminer si la ZLECAf représente un changement significatif dans le volume ou la structure des échanges tunisiens avec l’Afrique. Pour cela, les données sur la valeur des transactions, les pays partenaires et les secteurs concernés restent indispensables.

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