Visas français en chute libre : les assureurs algériens perdent 272 millions de dinars

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Un formulaire d'assurance voyage, passeport et carte d'embarquement. La branche a reculé de 10,1% en 2025.
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Le Conseil national des assurances (CNA) ne fait pas de politique. Pourtant, sa note de conjoncture pour l’exercice 2025 établit un lien inattendu entre la dégradation des relations avec Paris et les résultats d’une branche entière. La branche assurance voyage a reculé de 10,1% sur l’année, soit une perte de 272 millions de dinars. Le régulateur désigne lui-même le responsable, à savoir la baisse de 18,5% des visas Schengen accordés par la France en 2025.

Tout ressortissant algérien sollicitant un visa européen doit produire une attestation d’assurance voyage. Moins de visas délivrés, moins de contrats souscrits. La sous-branche “assurance voyage et assistance individuelle” concentre l’essentiel de la baisse, à 219,5 millions de dinars.

Un visa sur trois refusé, une branche qui trinque

La France reste le premier émetteur de visas Schengen vers l’Algérie. Depuis fin 2024, la crise ouverte après le soutien de Paris au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental a durci les échanges entre les deux pays. Sur les neuf premiers mois de 2025, les demandes de visas ont chuté de 24%, avec un taux de refus de 31%. La raréfaction des rendez-vous consulaires a par ailleurs alimenté un marché noir florissant, transformant pour beaucoup l’accès au visa en parcours d’obstacles.

Ce que le CNA documente, sans le commenter, c’est le coût sectoriel concret d’une brouille diplomatique. Les compagnies d’assurances n’ont aucune prise sur ce paramètre. Elles subissent.

Le recul de la branche voyage n’est pas qu’une perte sèche de chiffre d’affaires. Pour beaucoup d’Algériens, l’assurance voyage représente le premier contact avec une couverture individuelle souscrite volontairement, hors obligation légale. Sa contraction réduit mécaniquement le vivier de nouveaux clients susceptibles d’accéder ensuite à des produits plus élaborés, assurance vie, prévoyance ou complémentaire santé.

Les signaux d’apaisement diplomatique observés début 2026 n’ont pas encore produit d’effets mesurables sur les attributions de visas. Les chiffres du premier trimestre 2026 diront si la normalisation en cours se traduit dans les bilans des assureurs.

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