Cinq champs situés en Algérie, en Libye, en Égypte et au Nigeria assurent l’essentiel de la production pétrolière et gazière du continent, avec des trajectoires opposées en 2025 et 2026 : le Waha Complex libyen a dépassé 350 000 barils par jour et vise 600 000 barils par jour d’ici 2027, El Sharara reste bloqué par des rapports de force politiques récurrents, et le nigérian Agbami a perdu plus de la moitié de sa production depuis son pic de 2009.
Production estimée des principaux champs pétroliers africains
Maghreb Émergent — données 2023-2025 selon les opérateurs
Hassi Messaoud reste le premier champ pétrolier du continent
Découvert en 1956 et exploité par Sonatrach, Hassi Messaoud a atteint son plateau historique de 500 000 barils par jour dès 1970. Aucun chiffre officiel unifié n’a été communiqué ces dernières années : les estimations disponibles se situent entre 350 000 et 500 000 barils par jour selon les sources consultées. Le champ conserve son statut de premier gisement pétrolier d’Afrique, mais la donnée publique reste plus rare que pour d’autres sites du continent.
Le Waha Complex libyen vise 600 000 barils par jour d’ici 2027
Waha Oil Company, filiale de la National Oil Corporation associée à ConocoPhillips et TotalEnergies, a produit entre 354 000 et 370 000 barils par jour fin 2025, selon les chiffres communiqués par l’opérateur. Un accord signé en janvier 2026 entre la Libye, TotalEnergies et ConocoPhillips porte sur 20 milliards de dollars d’investissement et fixe un objectif de 600 000 barils par jour d’ici 2027, avec une capacité potentielle de 850 000 barils par jour à plus long terme.
El Sharara reste otage des rapports de force politiques libyens
Opéré par le consortium Akakus, El Sharara affiche une capacité nominale de 300 000 à 320 000 barils par jour. Sa production réelle dépend toutefois des équilibres politiques du pays : un blocage imposé par l’Armée nationale libyenne a entraîné son arrêt quasi total en août 2024, l’un des nombreux épisodes de coupure que le site a connus depuis 2013.
Zohr, premier gisement gazier de Méditerranée, cherche à inverser son déclin
Opéré par Eni via Petrobel, Zohr n’est pas un champ pétrolier mais gazier, le plus grand découvert en Méditerranée. Sa production oscille entre 1,9 et 2,4 milliards de pieds cubes de gaz par jour selon les années, avec un appoint de condensats d’environ 3 700 barils par jour. En déclin depuis 2021, le champ fait l’objet d’un programme de relance conduit par Eni.
Bonga et Agbami, deux trajectoires opposées au large du Nigeria
Opéré par Shell depuis 2005, Bonga dispose d’une capacité de 225 000 barils par jour et a franchi le cap du milliard de barils cumulés en 2023. Le projet Bonga North, dont la décision finale d’investissement a été prise en décembre 2024, doit y ajouter 110 000 barils par jour d’ici la fin de la décennie. À quelques kilomètres, Agbami, exploité par Chevron, est passé de son pic de 250 000 barils par jour en 2009 à environ 98 000 barils par jour en 2023, à mesure que le gisement arrive à maturité.
Ces cinq champs illustrent des rythmes de révision très différents : Waha Oil Company annonçait 354 000 barils par jour fin 2025 et visait déjà 600 000 barils par jour pour 2027, un écart qui rend tout classement figé rapidement dépassé. Le mouvement dépasse d’ailleurs ces cinq sites : les compagnies nationales pèsent désormais 53 % de la production pétrolière africaine, contre 30 % pour les multinationales.


