Dans la déclaration conjointe publiée jeudi 16 juillet à l’issue de l’entretien au Bundeskanzleramt entre le président algérien et le chancelier allemand, les deux gouvernements conviennent de réactiver la commission économique mixte, en sommeil depuis des années, et de créer un conseil d’affaires bilatéral, « plateforme de dialogue et de mise en réseau » entre les milieux économiques des deux pays. Le nouvel organe travaillera avec la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie), le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI).
Pour ce qui est du commerce, l’Allemagne reste l’un des premiers fournisseurs européens de l’Algérie en machines industrielles, équipements électriques, véhicules et produits chimiques et pharmaceutiques, avec des échanges en « tendance générale haussière » selon le texte. Ce qui manquait tenait à l’architecture, les instances de concertation gouvernementale et patronale étant restées inactives pendant que les flux progressaient.
Un agenda qui déborde l’économie
Le document porte le nom d’« agenda stratégique pour le partenariat bilatéral », une première entre les deux capitales. Il institue un dialogue politique régulier à haut niveau entre les ministères des Affaires étrangères, des consultations entre administrations, instituts diplomatiques et ambassades, et des dialogues thématiques dont le calendrier reste à fixer.
Le chapitre énergétique consolide l’acquis. Les deux parties réaffirment le corridor sud de l’hydrogène, labellisé « Global Gateway » et « route énergétique européenne », et écrivent que « l’augmentation des approvisionnements en gaz sert l’intérêt des deux parties », deux semaines après la première livraison directe de GNL algérien au terminal de Wilhelmshaven, effectuée par Sonatrach le 2 juillet. Une réunion ministérielle sur le corridor est annoncée, sans date. Les discussions futures couvriront aussi les infrastructures, les transports, la santé et la pharmacie, les minerais critiques et l’agriculture.
Berlin et Alger prévoient d’intensifier le dialogue financier sur le soutien à la diversification énergétique, en particulier la conversion de l’électricité en produits énergétiques et industriels verts, un chantier où l’Algérie vise 1,2 million de tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2040. La coopération sur la réduction des émissions de méthane, dossier sur lequel l’Agence internationale de l’énergie interpelle régulièrement l’Algérie, sera renforcée.
Migration, un protocole de 1997 remis sur la table
Le passage le plus important du côté allemand figure au dernier chapitre. Les deux parties saluent « la qualité de leur coopération » en matière de migration, d’éloignement, de réadmission et de réinsertion, et confirment le protocole algéro-allemand du 14 février 1997 sur l’identification et l’admission des ressortissants, qu’elles s’engagent à développer « si nécessaire ». La mention de cet instrument vieux de vingt-neuf ans, rarissime à ce niveau, répond à une demande insistante de Berlin, où la politique migratoire du gouvernement Merz s’est durcie depuis 2025. Le même chapitre ouvre un dialogue sur la défense, le contre-terrorisme, la cybersécurité et la désinformation.
La déclaration s’applique à compter du 16 juillet 2026. Premier test dès vendredi 17 juillet, avec le forum économique algéro-allemand où une trentaine d’accords d’entreprises sont attendus dans le GNL, l’hydrogène, les mines et la pharmacie.


