Le pôle pénal économique et financier d’Alger (Sidi M’hamed) ouvrira, le mercredi 8 juillet 2026, l’examen d’un volumineux dossier de corruption connu sous le nom d’affaire des « barons du tabac ». Ce dossier vise une société privée spécialisée dans la fabrication et la distribution de tabac, ainsi qu’une vingtaine de personnes physiques poursuivies pour blanchiment d’argent et fraude fiscale.
- Plus de 543 milliards de centimes saisis entre biens, comptes bancaires et métaux précieux
- La société Nour Khan Tabac au cœur du dossier
- Plus de 20 prévenus, dont 12 en détention provisoire à la prison d’El Harrach (El Kelaa)
- Une instruction ouverte depuis avril 2024
- Des charges pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison
Plus de 543 milliards de centimes saisis entre biens, comptes bancaires et métaux précieux
Les investigations menées dans ce dossier ont permis la saisie de biens immobiliers, de biens meubles, de fonds déposés sur des comptes bancaires ainsi que de métaux précieux appartenant aux prévenus, pour un montant total dépassant 543 milliards de centimes.
Cette saisie, opérée dans le cadre d’une opération de blanchiment d’argent et de fraude fiscale, porte sur un préjudice estimé à près de 550 milliards de centimes au total entre fonds, biens immobiliers et autres avoirs.
La société Nour Khan Tabac au cœur du dossier
L’enquête a mis en cause la société « Nour Khan Tabac », dont le propriétaire est désigné par les initiales « B.D.KH. » dans le dossier judiciaire.
Selon les éléments de l’enquête, le principal mis en cause utilisait des registres de commerce appartenant à des personnes n’ayant aucun lien commercial réel avec lui, en contrepartie du versement de sommes d’argent destinées à justifier l’origine illicite de fonds déposés dans différentes banques, dans le but d’en dissimuler la provenance frauduleuse liée à l’évasion fiscale et au blanchiment d’argent. Ce mécanisme aurait fait subir au Trésor public d’importantes pertes financières.
Plus de 20 prévenus, dont 12 en détention provisoire à la prison d’El Harrach (El Kelaa)
Le dossier compte plus de vingt prévenus, dont douze sont actuellement placés en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire d’El Kelaa, autour du principal mis en cause, propriétaire de la société de tabac. Selon des sources judiciaires citées par la presse algérienne, ce réseau aurait constitué une organisation criminelle active dans le blanchiment d’argent et la dissimulation de produits issus de pratiques commerciales suspectes dans le secteur du commerce du tabac.
Une instruction ouverte depuis avril 2024
Le dossier est instruit depuis le 28 avril 2024 par le juge d’instruction de la 8ᵉ chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed. C’est au cours de cette instruction préliminaire qu’a été établie l’ampleur des saisies opérées sur les biens immobiliers, les biens mobiliers, les comptes bancaires et les métaux précieux des mis en cause.
Des charges pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison
Les prévenus, ainsi que la société de tabac elle-même, seront jugés le mercredi 8 juillet 2026 devant la 3ᵉ chambre du pôle pénal de Sidi M’hamed pour blanchiment d’argent et de produits criminels et leur dissimulation au sein d’un groupe criminel organisé, ainsi que pour fraude fiscale et exercice d’activités commerciales frauduleuses au moyen de factures fictives et falsifiées.
Ces faits sont prévus et réprimés par le code pénal, la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, la loi relative à la lutte contre la contrefaçon et l’usage de faux, le code des impôts directs et taxes assimilées, ainsi que la loi relative aux pratiques commerciales.
Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures judiciaires récentes visant le secteur du tabac en Algérie, après le démantèlement, ces derniers mois, de réseaux similaires impliquant d’autres opérateurs économiques du même secteur, notamment dans le cadre de partenariats algéro-émiratis controversés.


