Algérie : les prix de la pomme de terre augmentent malgré la baisse des autres légumes

4 min de lecture

Alors que les prix de nombreux produits agricoles reculent ces derniers jours en Algérie, la pomme de terre suit une trajectoire différente. Ce produit de large consommation enregistre une hausse sur les marchés de gros et de détail. Une évolution qui suscite des interrogations chez les consommateurs, mais qui reste parfaitement logique pour les professionnels du secteur.

Sur les marchés de gros, le kilogramme de pomme de terre de bonne qualité, notamment celle produite dans les régions sahariennes d’El Oued, se négocie actuellement entre 80 et 85 dinars. Le produit de deuxième choix s’échange, quant à lui, entre 70 et 75 dinars le kilogramme.

Cette hausse se répercute naturellement sur les marchés de détail. Les consommateurs paient ainsi la pomme de terre entre 85 et 120 dinars le kilogramme selon les régions, l’emplacement du point de vente et la qualité du produit proposé. La hausse est de 30 à 45 dinars par kg par rapport à la fin du mois de mai.

Une hausse attendue par les professionnels

Contrairement aux apparences, cette augmentation des prix n’a rien d’exceptionnel. Les professionnels du commerce des fruits et légumes la considèrent même comme une évolution saisonnière normale.

Selon un marchand de fruits et légumes interrogé, le marché traverse actuellement une période de transition caractérisée par une baisse temporaire de l’offre. « Cette situation est attendue chaque année à la même période », explique-t-il.

En effet, les grandes exploitations agricoles du sud du pays, notamment celles d’El Oued, réduisent fortement leur activité durant la saison estivale. Les températures élevées rendent la production de la pomme de terre difficile, voire impossible dans les zones agricoles sahariennes.

Par conséquent, les volumes mis sur le marché diminuent progressivement. Cette contraction de l’offre exerce une pression directe sur les prix.

Une période de soudure entre deux campagnes

Par ailleurs, les grandes exploitations du nord du pays n’ont pas encore pris le relais. Les cultures de pomme de terre de saison, notamment celles de la wilaya de Mostaganem, ne sont pas encore arrivées à maturité.

Or, Mostaganem figure parmi les principaux bassins de production qui alimentent le marché national durant l’été. En attendant les premières récoltes importantes, les disponibilités restent limitées.

Cette phase est communément appelée « période de soudure » dans le secteur agricole. Elle correspond à l’intervalle entre la fin d’une campagne de production et le démarrage de la suivante. Durant cette période, l’offre se contracte tandis que la demande demeure relativement stable. Résultat : les prix augmentent.

Une baisse des prix attendue dans les prochaines semaines

Toutefois, les professionnels se montrent rassurants. Selon eux, cette hausse devrait rester temporaire.

L’arrivée prochaine des récoltes de Mostaganem ainsi que celles d’autres wilayas du nord devrait renforcer l’approvisionnement du marché national. Les volumes disponibles augmenteront alors progressivement.

Dans ces conditions, les prix de la pomme de terre pourraient amorcer un recul au cours des prochaines semaines. Une évolution favorable pour les ménages, alors que ce produit demeure l’un des aliments les plus consommés en Algérie.

D’ici là, le marché devrait continuer à évoluer sous l’effet de l’équilibre entre une offre encore limitée et une demande qui reste soutenue.

Partager cet article