Algérie : les réserves de change reculent en mars, en attendant les retombées de la flambée pétrolière

Les données du Fonds monétaire international font apparaître un repli des avoirs extérieurs hors or à 40,3 milliards de dollars fin mars 2026, en baisse de trois milliards en un mois. Le chiffre précède toutefois la période de plein effet de la hausse des cours consécutive au déclenchement du conflit en Iran.

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Façade du siège du Fonds monétaire Internationale (FMI) à Washington, D.C. (États-Unis).

Le chiffre a circulé cette semaine sur les réseaux professionnels. Selon les données publiées par le Fonds monétaire international et relayées par la plateforme CEIC Data, les réserves de change de l’Algérie hors or ont atteint 40,3 milliards de dollars au terme du mois de mars 2026, accusant un recul de trois milliards en un mois. Sur les trois premiers mois de l’année, la baisse cumulée s’élève à huit milliards de dollars.

Le mouvement prolonge une trajectoire qui ne date pas du premier trimestre 2026. Depuis le pic enregistré aux alentours de 116 milliards de dollars au milieu de la décennie 2010, les avoirs extérieurs nets du pays n’ont cessé de s’éroder, avec une légère reprise entre 2022 et 2023, avant de reprendre leur contraction. Sur le graphique mensuel du FMI, la courbe dessine une pente qui, avec le temps, commence à ressembler à une habitude. Fin octobre 2024, les réserves tournaient autour de 47 milliards de dollars contre 67 milliards fin 2024.

Les prix spots ne reflètent ni le prix de vente du gaz, ni le prix du Sahara Blend

Une précision s’impose pourtant pour qui lit ces données à chaud. Les chiffres de mars ont été arrêtés avant que la guerre déclenchée le 28 février en Iran n’ait produit ses effets sur les recettes d’exportation algériennes. La flambée des cours du brut, estimée à près de 50 % sur les marchés spot, ne se traduit pas mécaniquement dans les comptes du Trésor algérien, dont les rentrées dépendent en grande partie de contrats de long terme, indexés sur des formules de prix révisées en dernier lieu en 2022.

En effet, le prix spot du Sahara Blend est resté autour de 81 dollars le baril sur l’ensemble du premier trimestre, avant de bondir à environ 133 dollars en avril, ce qui ramène le prix moyen sur quatre mois aux environs de 94 dollars. Loin, certes, des niveaux de 2022, mais sensiblement au-dessus du seuil inscrit dans la loi de finances algérienne, calculé sur une hypothèse de 60 dollars.

Maghreb Émergent avait suivi de près, depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, les répercussions de la crise sur les équilibres énergétiques régionaux et les revenus de Sonatrach. La compagnie nationale exporte l’essentiel de ses hydrocarbures vers trois clients méditerranéens, l’Espagne, la France et l’Italie, dans des volumes qui, pour leur part spot, demeurent peu documentés publiquement.

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