Sur le marché informel des devises en Algérie, la tendance est au calme plat. Pour le deuxième jour consécutif, le cours de l’euro face au dinar algérien n’enregistre aucune variation. Le billet de 100 euros s’échange à 27 900 dinars à la vente et à 27 700 dinars à l’achat, des niveaux qui se maintiennent sans ciller depuis plusieurs semaines déjà.
Ce surplace prolongé tranche avec les soubresauts qui agitent habituellement le square informel. Les cambistes, traditionnellement prompts à répercuter la moindre fluctuation des marchés internationaux ou le moindre signal économique local, semblent aujourd’hui dans l’expectative. Aucun mouvement marquant n’est à signaler, ni à la hausse ni à la baisse. Le marché parallèle, baromètre officieux de la tension sur les devises, affiche une sérénité inhabituelle qui mérite d’être décryptée.
Deux facteurs structurels plombent toute évolution
Cette inertie n’est pas le fruit du hasard. Deux éléments de fond contribuent à figer la situation. Le premier est la perturbation persistante de l’importation de véhicules. Ce segment, qui génère traditionnellement une demande soutenue en devises étrangères — les transactions s’effectuant en euros ou en dollars — se trouve actuellement en phase de turbulences réglementaires et logistiques. Une demande en berne sur les devises contribue mécaniquement à contenir toute pression haussière sur l’euro.
Le second facteur est d’ordre géopolitique. La persistance des tensions au Moyen-Orient continue de peser sur les anticipations des opérateurs du marché informel. Dans un contexte d’incertitude régionale, les comportements attentistes prédominent. Les détenteurs de devises préfèrent observer avant d’agir, ce qui réduit les volumes échangés et neutralise toute dynamique de prix.
Si la stabilité actuelle rassure à court terme, elle masque des déséquilibres sous-jacents susceptibles de se réveiller à tout moment. Une reprise des importations automobiles via les ports d’Alger et Oran, une détente ou une escalade au Moyen-Orient, ou encore un changement de cap dans la politique de change officielle pourraient suffire à rebattre les cartes.
Pour l’heure, le dinar tient bon face à l’euro sur le marché parallèle, et les cambistes observent. Le moindre catalyseur pourrait suffire à mettre fin à ce calme apparent.


