Trois jours après son interpellation à son arrivée à l’aéroport de Tanger, le journaliste Ali Lmrabet a été remis en liberté mercredi 15 juillet. Selon les autorités judiciaires marocaines, cette remise en liberté ne met toutefois pas un terme à la procédure engagée contre lui.
Dans un communiqué relayé par la presse marocaine, le parquet indique que les investigations se poursuivent et que des expertises techniques restent en cours. Les poursuites portent sur des faits présumés de diffamation, d’injures et de diffusion de fausses informations liés à des publications attribuées au journaliste sur les réseaux sociaux.
Une arrestation qui avait suscité de nombreuses réactions
L’arrestation d’Ali Lmrabet, figure connue du journalisme indépendant marocain, avait provoqué une vague de réactions de la part d’organisations de défense de la liberté de la presse, parmi lesquelles Reporters sans frontières (RSF), l’Association marocaine des droits humains (AMDH) ainsi que plusieurs organisations de journalistes, qui avaient demandé sa libération.
Journaliste critique à l’égard des autorités marocaines, Ali Lmrabet avait déjà été emprisonné en 2003 avant d’être gracié l’année suivante. Installé depuis plusieurs années en Espagne, il possède également la nationalité française.
Une libération dans un contexte diplomatique particulier
La remise en liberté d’Ali Lmrabet intervient le jour même de l’arrivée à Rabat du Premier ministre français, Sébastien Lecornu, en visite officielle destinée à relancer les mécanismes de coopération entre la France et le Maroc. Il s’agit de la première rencontre bilatérale de ce niveau depuis 2019, dans un contexte marqué par le rapprochement engagé ces derniers mois entre Paris et Rabat.Elle s’inscrit également dans la préparation d’une future visite du roi Mohammed VI en France, qui pourrait être accompagnée de la signature d’un traité consacrant un partenariat franco-marocain qualifié « d’exception ».
Aucun responsable français ou marocain n’a établi de lien entre cette séquence diplomatique et la décision judiciaire concernant Ali Lmrabet. La concomitance des deux événements intervient néanmoins alors que le journaliste, également de nationalité française, faisait l’objet d’une forte mobilisation de plusieurs organisations internationales de défense de la liberté de la presse.
L’enquête judiciaire, elle, demeure ouverte. Selon le parquet, les investigations et les expertises techniques se poursuivent avant toute décision sur la suite de la procédure.


