Maroc : inquiétudes sur le sort du journaliste Ali Lmrabet arrêté à son arrivée à Tanger

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Âgé de 67 ans, Ali Lmrabet est l'une des figures les plus connues du journalisme indépendant marocain (DR)

Le journaliste marocain Ali Lmrabet a été arrêté dimanche 12 juillet à son arrivée à l’aéroport de Tanger, en provenance d’Espagne, où il réside depuis de nombreuses années. Selon les informations rendues publiques par son entourage et par Reporters sans frontières (RSF), il a ensuite été transféré à Casablanca dans le cadre d’une enquête judiciaire.

À ce stade, les autorités marocaines n’ont pas communiqué officiellement les chefs d’accusation retenus contre lui. D’après RSF, l’enquête porterait notamment sur des faits présumés de « diffusion de fausses informations portant atteinte aux institutions constitutionnelles ». Des informations relayées par Reuters évoquent également une enquête préliminaire faisant suite à des plaintes pour diffamation et atteinte à la réputation. Ces éléments relèvent de la procédure en cours et n’ont donné lieu à aucune décision de justice.

Âgé de 67 ans, Ali Lmrabet est l’une des figures les plus connues du journalisme indépendant marocain. Fondateur de plusieurs publications satiriques et critiques au début des années 2000, il a été emprisonné en 2003 avant d’être interdit d’exercer le journalisme au Maroc pendant dix ans.

Installé entre l’Espagne et la France, il a poursuivi son activité de chroniqueur et de commentateur politique tout en continuant à se rendre régulièrement au Maroc pour rendre visite à sa famille.
Son arrestation a suscité des réactions de plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains, parmi lesquelles Reporters sans frontières et l’Association marocaine des droits humains (AMDH), qui demandent sa libération et appellent au respect de la liberté d’expression.

Des précédents inquiétants

Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs organisations internationales continuent d’exprimer leurs préoccupations concernant la situation de la liberté de la presse au Maroc. Elle rappelle également les précédents de Taoufik Bouachrine, Omar Radi et Soulaimane Raissouni, libérés en 2024 à la faveur d’une grâce royale après avoir été condamnés dans des affaires de droit commun, notamment à caractère sexuel, dont ils ont toujours contesté les accusations.

Reporters sans frontières, Amnesty International, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et d’autres organisations avaient dénoncé ces poursuites, les qualifiant de politiquement motivées et estimant qu’elles reposaient, selon elles, sur des accusations fabriquées afin de réduire au silence des journalistes critiques.

Les autorités marocaines ne se sont pas encore exprimées publiquement sur l’arrestation d’Ali Lmrabet ni sur les suites judiciaires de cette affaire.

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