Allocation touristique par carte : ce que fixe la Banque d’Algérie

L'allocation touristique change de circuit. La Banque d'Algérie détaille une procédure où la carte internationale n'est que la partie visible du verrouillage.

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Le siège de la Banque d'Algérie à Alger. L'instruction n°07-2026 entre en vigueur le 19 juillet 2026. (DR)

Au lendemain du Conseil des ministres qui avait décidé de durcir les conditions d’octroi de l’allocation touristique, la Banque d’Algérie en fixe le mode d’emploi dans une instruction datée du 13 juillet, du dépôt de la demande auprès des banques jusqu’à la restitution des devises en cas de séjour écourté.

Le texte, qui entre en vigueur le 19 juillet, réserve le versement des 750 euros aux seules cartes de paiement internationales émises au nom du bénéficiaire et supprime toute remise d’espèces au guichet, le règlement de la contre-valeur en dinars devant lui-même s’effectuer par voie scripturale.

Les montants arrêtés par le Conseil des ministres de décembre 2024 demeurent inchangés, l’instruction reconduisant l’allocation annuelle de 750 euros, ou sa contre-valeur en devise librement convertible, au profit des résidents âgés de dix-neuf ans et plus, ainsi que celle de 300 euros accordée aux jeunes de douze à moins de dix-neuf ans, dans la limite de deux enfants par famille. Le bénéfice du dispositif, réservé « à l’usage exclusif du voyageur », demeure exclu pour les déplacements accomplis au titre du hadj et ne peut se cumuler d’une année sur l’autre.

La continuité ne s’étend pas au support de paiement, puisque le versement en espèces au guichet, qui avait permis en deux mois des retraits de près de 400 millions d’euros entre le 20 juillet et le 20 septembre 2025, disparaît entièrement du circuit au profit de la carte de paiement internationale ou de la carte internationale dédiée au droit de change, émise au nom du bénéficiaire et incessible à un tiers.

Dépôt anticipé, paiement scriptural et contrôles avant octroi

Le candidat au voyage devra déposer sa demande d’émission de carte « suffisamment à l’avance » auprès d’une banque intermédiaire agréée, le support délivré étant valable trois ans au minimum et adossé à un compte en devises ouvert à son nom, doublé d’un compte en dinars.

La contre-valeur en monnaie nationale de l’allocation, commissions comprises, sera réglée exclusivement par moyen de paiement scriptural, au plus tard sept jours ouvrés avant la date du départ, sur présentation du titre de transport aller-retour ou du reçu de la taxe de sortie par voie terrestre, du passeport en cours de validité, de la copie de sa première page, de celle du visa le cas échéant et d’un justificatif de revenus. Les parents pourront accomplir ces démarches pour leurs enfants mineurs sur présentation du livret de famille ou de toute autre pièce justificative.

Avant tout encaissement du dinar, les banques devront s’assurer que le demandeur n’a pas déjà bénéficié du droit de change au cours de l’année civile en cours, qu’il détient le visa exigé par la destination mentionnée sur son titre de transport et que le bénéficiaire de l’année précédente a effectivement voyagé dans les délais prescrits, cachets de la police des frontières faisant foi.

Le montant accordé, la devise et la date de l’opération seront consignés sur le passeport du voyageur et déclarés sur la plateforme électronique de la Banque d’Algérie dédiée au droit de change, le taux applicable étant le cours vendeur de la devise le jour de l’exécution de l’opération. Les banques émettrices devront aussi tenir à la disposition des porteurs des centres d’appel et des canaux numériques joignables depuis l’étranger vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, afin de traiter en urgence les incidents survenant lors de l’utilisation des cartes hors du territoire.

L’exigence d’une carte internationale ne va pourtant pas de soi dans un pays où le paiement électronique reste marginal et où l’ouverture d’un compte en devises suppose déjà d’en détenir. Maghreb Émergent détaillait dès dimanche le filtre bancaire que représente cette condition, entre cotisations annuelles atteignant 6 000 dinars chez certaines banques publiques et soldes minimums exigés sur les comptes devises, pour une population dont le salaire minimum est fixé à 24 000 dinars depuis le 1er janvier 2026.

Restitution sous cinq jours ouvrés et suspension de cinq ans

Le voyageur qui annule son déplacement, ou dont le séjour effectif à l’étranger n’atteint pas sept jours, devra restituer l’intégralité du montant perçu auprès de sa banque domiciliataire dans les cinq jours ouvrés suivant son retour, sur présentation de son passeport. À défaut, et sans préjudice des poursuites judiciaires prévues par la législation en vigueur, le contrevenant perdra son droit de change pour une durée de cinq ans, cette suspension cessant de produire effet, pour les mineurs concernés, dès leurs dix-neuf ans révolus.

L’article 19 de l’instruction qualifie d’infraction à la législation des changes toute manœuvre visant à détourner l’allocation de son objet ou à en transférer l’usage à un tiers, le texte exigeant que le bénéficiaire effectif du montant soit le demandeur lui-même.

Le rattachement du bénéfice de l’allocation à chaque année civile modifie enfin la période de référence du dispositif, là où le régime institué par l’instruction n°05-2025 courait du 20 juillet d’une année au 19 juillet de la suivante, un glissement qui appellera des précisions de la Banque centrale sur le sort des allocations déjà perçues en 2026.

L’article 20 réserve enfin à l’institution la faculté de réviser le montant et les conditions d’octroi « compte tenu de la viabilité de la balance des paiements ». L’instruction n°07-2026 abroge le texte du 17 juillet 2025 et entre en vigueur le 19 juillet 2026, six jours après sa signature.

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