Le président Abdelmadjid Tebboune a procédé ce jeudi à un remaniement ministériel qui sépare les hydrocarbures des mines, mettant fin à une configuration qui durait depuis cinq ans. Mohamed Arkab, en poste depuis 2019, se retrouve avec un périmètre réduit aux seuls hydrocarbures, avec le rang de ministre d’État.
C’est Mourad Hanifi, ingénieur formé à la Sonarem (Société nationale de recherche et d’exploitation minière), qui hérite du nouveau ministère des Mines et des Industries minières. Karima Tafer, géologue de formation et ancienne cadre de Sonatrach, est nommée secrétaire d’État auprès de lui.
Un portefeuille qui avait survécu à deux gouvernements
Arkab avait absorbé les Mines en 2020, puis les Énergies renouvelables en novembre 2024, au fil des reconfigurations gouvernementales successives. En septembre 2025, le remaniement qui avait reconduit le gouvernement Nadir Larbaoui lui avait retiré les renouvelables, mais maintenu les mines. Le décret de ce jeudi parachève le démantèlement du super-ministère qu’il détenait.
Le secteur minier algérien traverse une phase d’accélération sensible. Le projet de Gara Djebilet, le plus grand gisement de fer du pays, a franchi un cap symbolique en décembre 2025 lorsque le premier convoi de minerai a quitté la région de Tindouf par voie ferrée vers Oran, parcourant près de 2 000 kilomètres. Les projets phosphatiers de la région de Tébessa et la révision du code minier en cours confèrent au secteur un poids croissant qui justifie désormais une tutelle distincte.
Hanifi prend ses fonctions dans ce contexte. Son profil, ancré dans l’exploration et l’exploitation minière, tranche avec celui d’Arkab, ingénieur électromécanicien venu du monde du gaz. Tafer, dont le parcours couvre la géologie pétrolière et minière, assure une continuité technique au sein du nouveau département.
Le décret ne précise pas si le ministère des Hydrocarbures d’Arkab intègre le dessalement d’eau de mer, dossier qu’il suivait personnellement ces derniers mois et qu’il avait qualifié de «priorité stratégique» lors d’une réunion avec les cadres du secteur en novembre 2025.


