BDL 2025 : plus de 1 400 milliards de dinars de crédits, un an après l’entrée en Bourse

Un an après ses débuts à la Bourse d'Alger en mars 2025, la Banque de développement local (BDL) présente ses résultats annuels. Des chiffres en hausse sur tous les indicateurs, et un directeur général qui revendique une «dynamique nouvelle

5 min de lecture
Le siège de la Banque de développement local (BDL), à Staoueli, dans la wilaya d'Alger.

L’encours total des crédits accordés par la BDL en 2025 a dépassé 1 400 milliards de dinars, en progression de 186 milliards par rapport à 2024. Les dépôts collectés ont, eux, atteint 1 663 milliards de dinars, soit une hausse de 21 % sur un an. Le chiffre d’affaires de l’établissement a progressé de 76 milliards de dinars en 2023 à 96 milliards en 2024, soit une augmentation de 14 %. Mohamed Mebrak, directeur général de la banque, résume ces performances en indiquant que les résultats témoignent d’«un élargissement de l’activité de financement et d’un soutien à l’investissement dans divers secteurs».

«Une dynamique nouvelle dans l’activité»

La BDL se positionne depuis plusieurs années comme un financeur de projets structurants. En 2025, l’établissement a contribué au financement de la ligne minière ouest, de stations de dessalement de l’eau de mer et de projets agricoles dans les wilayas du Sud. Cette orientation vers les infrastructures et l’agriculture saharienne, initiée bien avant l’introduction en Bourse, s’inscrit dans la continuité du mandat historique de la banque, fondée en 1985 pour soutenir le développement des collectivités locales.

L’entrée au capital boursier a néanmoins modifié la donne communicationnelle. Pour la première fois, la BDL est tenue à une transparence accrue vis-à-vis d’actionnaires minoritaires. Ils étaient plus de 33 000 souscripteurs à avoir participé à l’opération initiale, dont 80 % de particuliers. Mohamed Mebrak souligne que les ressources mobilisées via l’ouverture du capital ont été «orientées vers le renforcement de l’activité bancaire», sans préciser la nature exacte des affectations.

La finance islamique progresse de 29 %

Le segment de la finance islamique constitue l’une des évolutions les plus significatives de l’exercice. La collecte de ressources via les guichets dédiés a progressé de 29 %, dans un contexte de généralisation progressive de ces fenêtres au sein des banques publiques. L’établissement a élargi les financements islamiques à l’acquisition de véhicules, et aligné le coût du financement immobilier islamique sur celui du crédit classique, grâce aux mécanismes de bonification mis en place par l’État.

Cette convergence tarifaire entre les deux modes de financement représente un changement notable. Elle lève un frein structurel qui limitait l’attractivité des produits conformes à la charia pour les ménages algériens, dont une partie significative exprimait une préférence religieuse sans pour autant accepter un surcoût. La finance islamique représente désormais 6 % du marché bancaire national, avec près de 745 000 clients et une croissance annuelle soutenue entre 25 et 30 %.

Les sukuk souverains, à 75 % de leur objectif

Sur le front des sukuk souverains lancés par le ministère des Finances en janvier, la BDL avait collecté, à la mi-mars, 11,78 milliards de dinars sur un objectif de 15,8 milliards, soit environ 75 % du montant cible. Des souscriptions complémentaires confirmées dépassant 7 milliards de dinars étaient encore en attente de traitement, selon Mohamed Mebrak, ce qui suggère un dépassement probable de l’objectif initial.

Un réseau en extension vers les wilayas du Sud

Sur le plan géographique, la BDL entend renforcer sa présence dans les territoires récemment érigés en wilayas, notamment El Meniaa, Ouled Djellal et Touggourt, avec des agences en cours d’achèvement à Béni Abbès et Ksar El Hirane. La banque prévoit également l’ouverture de 6 à 7 nouvelles agences en 2026, ainsi que l’aménagement de 25 agences numériques.

Le déploiement de terminaux de paiement électronique constitue un autre axe de l’exercice en cours. Plus de 150 000 appareils doivent être remis à des commerçants durant l’année, accompagnés d’une cinquantaine de nouveaux distributeurs automatiques de billets. La Bourse d’Alger, qui affiche désormais 744 milliards de dinars de capitalisation, reste structurellement portée par les deux titres bancaires publics cotés, CPA et BDL, qui concentrent à eux seuls près de 82 % de la valeur échangée.

Parmi les nouveautés récentes figure un service de paiement en devises vers l’Algérie via des cartes internationales, présenté comme une première nationale, et destiné aux exportateurs de biens et de services. Mohamed Mebrak indique que ce produit a suscité un «intérêt croissant» de la part des opérateurs économiques, plusieurs ayant déjà engagé des démarches pour conclure des conventions avec la banque. Des produits numériques supplémentaires sont annoncés pour le courant de 2026, tandis que l’action BDL est projetée comme le titre le plus rémunérateur de la cote avec un rendement sur dividende attendu autour de 13 %.

Partager cet article