Budget 2027 : la Tunisie vise 3,1 % de croissance et un déficit de 14,6 milliards de dinars

Mecipsa Amokrane
4 min de lecture
Le projet de loi de finances 2027 en Tunisie : les arbitrages budgétaires au cœur du débat. (Illustration)
Ajoutez Maghreb Émergent sur Google pour trouver du contenu similaire

La Tunisie ambitionne de porter sa croissance économique à 3,1 % en 2027, après une progression estimée à 2,7 % en 2026, selon le projet de budget économique transmis au Parlement. Le gouvernement prévoit également une hausse de l’investissement et des exportations, dans un contexte marqué par les contraintes de financement public et la nécessité de soutenir l’activité.

Sur le plan des échanges extérieurs, les exportations de biens et services devraient progresser de 8 %, contre 7,5 % en 2026. La croissance des importations ralentirait à 7,9 %, après 10 % attendus cette année. Le taux d’investissement rapporté au produit intérieur brut (PIB) passerait de 15,5 % à 16,4 %, tandis que les investissements directs étrangers sont attendus à 4,8 milliards de dinars, contre 4 milliards en 2026.

Ces objectifs restent toutefois tributaires de l’évolution de la conjoncture internationale, des performances des secteurs productifs et de la capacité à concrétiser les projets d’investissement.

Un budget de l’État en hausse de 8,37 %

Le projet de loi de finances 2027 prévoit un budget de l’État de 68,895 milliards de dinars, contre 63,575 milliards inscrits dans la loi de finances 2026. Les recettes sont estimées à 54,280 milliards de dinars, dont 49,6 milliards issus de la fiscalité. Le déficit budgétaire prévisionnel atteint ainsi 14,615 milliards de dinars, selon les données rapportées par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP).

Les besoins de financement du Trésor sont estimés à 28,122 milliards de dinars, en tenant compte notamment du remboursement de 13,307 milliards de dinars de principal de la dette publique. Le projet prévoit des emprunts intérieurs de 19,845 milliards de dinars et des emprunts extérieurs de 6,877 milliards.

Il autorise également, à titre exceptionnel, des facilités de financement de la Banque centrale de Tunisie pouvant atteindre 9,8 milliards de dinars, sans intérêts, remboursables sur quinze ans avec trois années de grâce. Ce dispositif constitue l’un des principaux éléments à surveiller dans l’examen des équilibres financiers du pays.

Les subventions au cœur des dépenses publiques

Le projet de budget prévoit une enveloppe de 11,846 milliards de dinars pour les subventions. Les hydrocarbures et l’électricité représentent 7,09 milliards de dinars, les produits de base 4,036 milliards et le transport 720 millions.

Les prévisions relatives aux subventions énergétiques reposent notamment sur une hypothèse de prix moyen du Brent de 80 dollars le baril en 2027. Le coût de ces dépenses dépendra donc, entre autres, de l’évolution des cours internationaux de l’énergie.

Le gouvernement entend également rationaliser le système de subventions, soutenir la production agricole nationale et renforcer la sécurité alimentaire et hydrique.

Des objectifs à confronter aux résultats

Au-delà des prévisions de croissance, les principaux enjeux concernent la capacité de la Tunisie à stimuler l’investissement productif, à développer ses exportations et à contenir ses besoins de financement. L’évolution du chômage, de l’inflation et du pouvoir d’achat constituera également un indicateur important de l’effet de la politique économique sur les ménages.

L’examen parlementaire du projet de loi de finances doit permettre de préciser les arbitrages retenus entre soutien à l’activité, dépenses sociales et maîtrise des équilibres budgétaires. À ce stade, les chiffres annoncés correspondent à des objectifs et à des prévisions inscrits dans les projets, et non à des résultats acquis.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article