CMA CGM alourdit la facture des importateurs algériens dès le 1er juillet

Le troisième armateur mondial relève sa surtaxe haute saison de 56 % sur les conteneurs à destination de la Méditerranée et de l'Afrique du Nord. Pour les importateurs algériens, c'est la deuxième vague de renchérissement en quatre mois.

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Le groupe français de transport maritime annonce une révision à la hausse de sa Peak Season Surcharge (PSS) sur les routes Asie-Méditerranée, effective au 1er juillet 2026. La surtaxe haute saison passe de 900 à 1 400 dollars par conteneur de 20 pieds, et de 1 800 à 2 800 dollars pour les 40 pieds, quelle que soit la nature de la marchandise, sèche ou réfrigérée, jusqu’à nouvel ordre. L’ensemble des ports méditerranéens de base sont concernés, Algérie incluse.

Deuxième vague en quatre mois

Pour les importateurs algériens qui s’approvisionnent depuis l’Asie, l’arithmétique est brutale. En mars dernier, au plus fort de la crise du détroit d’Ormuz, CMA CGM avait déjà instauré une Emergency Contingency Surcharge de 2 000 dollars par EVP pour les conteneurs secs de 20 pieds, tandis que les autres grands armateurs emboîtaient le pas avec des niveaux similaires. Les hausses FAK applicables du 15 au 31 mars portaient à 5 000 dollars le tarif d’un 20 pieds à destination des ports algériens. La PSS du 1er juillet vient s’empiler sur un fret de base qui ne s’est pas normalisé depuis.

La compagnie avait procédé à un premier relèvement de cette même PSS, effectif au 15 juin 2026. La révision annoncée pour le 1er juillet constitue une deuxième hausse en moins de trois semaines sur le même axe, ce qui est peu courant même en période de haute saison.

Un corridor sous pression

Le périmètre d’application couvre l’ensemble des expéditions au départ des principaux ports asiatiques, Chine continentale, Japon, Corée du Sud, Asie du Sud-Est, Bangladesh, vers tous les ports méditerranéens de base. Pour l’Algérie, cela concerne les flux à destination d’Alger, d’Oran et de Béjaïa, qui concentrent l’essentiel des conteneurs importés depuis l’Asie. La mesure s’applique aux marchandises sèches, aux cargaisons réfrigérées, aux équipements hors gabarit et aux conteneurs vides soumis à facturation.

Des surcharges supplémentaires liées aux combustibles, aux frais de manutention portuaire à l’origine et à destination, ainsi qu’aux charges de sûreté, restent applicables en sus de la PSS révisée. Le montant total à la boîte peut donc dépasser sensiblement les seuils annoncés. Un phénomène déjà documenté cet hiver, lorsque l’Algérie se retrouvait facturée 18 % plus cher que ses voisins maghrébins sur les routes en provenance d’Asie.

Un marché du fret sous tension

Le fret conteneurisé connaît depuis le printemps 2026 une remontée des tensions, amplifiée par les perturbations géopolitiques au Proche-Orient et les reports de capacités liés aux déroutements via le cap de Bonne-Espérance. Les armateurs justifient les PSS par la saturation des espaces disponibles en période de pic d’expéditions, généralement concentrée entre juin et septembre avant les fêtes de fin d’année dans les marchés occidentaux.

Pour les opérateurs algériens, la charge vient s’ajouter à un environnement déjà contraint. Le régime de domiciliation bancaire des importations, les délais de déblocage des lignes de crédit documentaire et la volatilité du dinar compliquent la répercussion immédiate de ces surcoûts sur les prix finaux. Les programmes prévisionnels d’importation déposés avant le 1er juillet devront intégrer ces nouvelles données tarifaires pour les chargements postérieurs à cette date.

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