Croissance : l’Algérie tire son épingle d’une région en repli (Banque mondiale)

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Le Bulletin économique de la Banque mondiale (BM) consacré à la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAAP), publié le 8 avril, est d’abord un document d’alarme : la croissance globale de la zone, hors Iran exclu faute de données, devrait s’établir à 1,8 % en 2026, soit 2,4 points en dessous des projections de janvier. La région affichait pourtant 4 % en 2025.

Dans ce tableau, l’Algérie fait figure d’exception. Le taux de croissance du produit intérieur brut réel attendu pour 2026 est révisé à 3,7 %, contre 3,5 % en janvier. Le pays figure parmi les trois seuls de la région MENAAP à bénéficier d’une révision à la hausse, là où la majorité de ses voisins subissent des dégradations sous l’effet des incertitudes géopolitiques, de la fermeture du détroit d’Ormuz et de la contraction des flux commerciaux.

Compte courant

L’amélioration tient en grande partie à la dynamique des recettes d’exportation. La Banque mondiale anticipe un resserrement sensible du déficit du compte courant, qui passerait de 5,9 % du PIB en 2025 à 2,4 % en 2026. Une trajectoire portée, sans que l’institution le formule explicitement, par l’effet prix sur les exportations d’hydrocarbures, le même choc énergétique qui fragilise les économies importatrices de la région profite mécaniquement aux exportateurs.

L’écart entre l’Algérie et la moyenne régionale illustre une géographie des risques qui s’est redistribuée depuis le début du conflit. Les économies du Golfe et l’Irak, directement exposés, absorbent l’essentiel de la révision à la baisse. Alger, en retrait des routes maritimes les plus affectées, en recueille indirectement les bénéfices sur ses recettes.

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