Des faits, des non-dits et un début 2026 mouvementé : l’Algérie en mode “attente”

Des faits, des non-dits et un début 2026 mouvementé : l’Algérie en mode “attente”

La “rentrée” en Algérie semble avoir réellement démarré début 2026 avec une séquence politique et sociale dense, révélatrice d’une accumulation de tensions, sur fond de problèmes structurels de gouvernance. Ces développements alimentent au sein de l’opinion l’idée d’une année compliquée et à hauts risques.

Entre la grève des transporteurs, provoquée par un code de la route punitif en mode “Terminator”, les décisions économiques controversées, souvent sous-estimées faute d’études préalables, et les incertitudes institutionnelles, les observateurs ont le sentiment d’une navigation à vue. À ce tableau interne s’ajoute un profil bas choisi sur la scène internationale, face au retour affiché d’une logique américaine impérialiste et prédatrice.

Un code… qui ne tient pas la route

Les autorités n’ont pas anticipé la colère des transporteurs, qui exprime de fait la grogne de nombreux automobilistes, face au durcissement des sanctions financières et pénales. La grève d’ampleur, entamée le 1er janvier, a fortement affecté la circulation des marchandises et montré la fragilité de nombreuses chaînes logistiques.

Le nouveau code de la route, élaboré sur la base de réactions émotionnelles à des accidents meurtriers et d’un discours récurrent sur le “terrorisme routier”, a littéralement effrayé des professionnels déjà alertés par la hausse des coûts d’exploitation et la dégradation des infrastructures.

Les représentants du secteur soulignent que ce code est hors sol, totalement déconnecté de la réalité quotidienne. Entre répression et menaces de répression, et une disponibilité tardive à engager le dialogue, les autorités semblent avancer à reculons vers des ajustements. Cette crise, fruit d’un télescopage frontal entre un code voté comme une lettre à la poste et le quotidien des transporteurs, marque déjà l’empreinte de 2026.

Des improvisations… qui se payent cash !

La tension sociale s’est doublée d’un épisode institutionnel important avec le limogeage du gouverneur de la Banque d’Algérie, devenu de facto le “fusible” d’une décision inapplicable et génératrice de tensions. En instruisant les banques primaires de n’accepter les espèces que dans des cas « exceptionnels et dûment justifiés », la Banque d’Algérie agissait comme si le cash ne dominait pas les transactions, alors que les paiements électroniques restent peu développés.

L’idée, généreuse sur le papier, était de lutter contre l’économie informelle et de renforcer la traçabilité financière. En pratique, elle a créé une situation impossible pour les opérateurs.

Sans surprise, la directive a suscité confusion et inquiétude. Commerçants et petites entreprises ont dénoncé une décision inapplicable, susceptible de bloquer la trésorerie et de perturber les opérations quotidiennes. Dimanche 5 janvier, la Banque d’Algérie a officiellement fait marche arrière et rétabli une marge d’appréciation des banques basée sur le profil de risque des clients. Le gouverneur a été limogé. Ces deux mesures correctives illustrent parfaitement le décalage entre décisions officielles et réalité du terrain.

Le mystère de la “révision technique” de la Constitution

À ces tensions s’ajoute une zone d’ombre institutionnelle avec l’annonce, le 30 décembre 2025, puis le report, sans calendrier précis, d’une révision constitutionnelle dite “technique”.

Aucune version détaillée du projet n’a été rendue publique, et le motif officiel d’un besoin « d’approfondissement » n’a pas dissipé les interrogations. Dans un pays marqué par des révisions constitutionnelles successives aux portées souvent discutées, cette opacité a renforcé le sentiment de flou institutionnel.

Un anti-impérialisme en mode profil bas

Parallèlement, cette période est marquée par une évolution perceptible du positionnement diplomatique d’Alger. Contrairement à sa tradition de prises de position fortes sur les questions de souveraineté et de rejet des ingérences, l’Algérie est restée discrète face à l’action étasunienne brutale contre le Venezuela, une action qui ruine définitivement le droit international déjà largement malmené, notamment en Palestine occupée.

Cette retenue contraste avec un ton plus ferme observé sur un autre dossier régional. Les relations avec les Émirats arabes unis ont été de nouveau au centre de l’attention médiatique, dans un contexte de recomposition des équilibres dans la région du Golfe.

Le quotidien El Khabar, en posture d’éclaireur officieux, s’est interrogé ouvertement, en “une”, sur la possibilité d’une rupture des relations entre Alger et Abou Dhabi, alors que les Émirats traversent une phase de relations délicates avec l’Arabie saoudite.

Pris isolément, chacun de ces épisodes relève de registres différents. Leur convergence relance cependant des questions anciennes et durables sur la gouvernance du pays et sur la capacité du système à anticiper et absorber les chocs. Aucun de ces développements ne constitue en soi une rupture, mais ils dessinent une période d’attente prolongée, dans laquelle les prochaines décisions seront scrutées aussi bien pour ce qu’elles disent… que pour ce qu’elles taisent.

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