Les syndicats de la Police nationale espagnole SUP (Sindicato Unificado de Policía) et Jupol ont accusé jeudi les autorités marocaines de « ne rien faire » pour empêcher les entrées irrégulières de migrants à Ceuta, où la pression migratoire s’est fortement intensifiée ces derniers jours.
Le SUP a affirmé que le Maroc « ne retient plus personne » et que les forces de l’ordre espagnoles faisaient face à une situation de « colapso total » (« effondrement total »), estimant qu’il leur était devenu « impossible » de gérer les arrivées actuelles.
De son côté, Jupol a dénoncé ce qu’il qualifie de « passivité absolue » des autorités marocaines. Dans un message publié sur le réseau social X, le syndicat a déclaré que « les autorités marocaines ne font absolument rien pour empêcher cet accès illégal au territoire espagnol ».
Le porte-parole de Jupol, Ibón Domínguez, a estimé que la hausse des arrivées s’expliquait notamment par ce qu’il présente comme une stratégie de pression exercée par le Maroc ainsi que par une récente décision du Tribunal suprême espagnol concernant les refoulements des personnes arrivant à la nage à Ceuta. Les deux organisations syndicales ont demandé un renforcement des effectifs de la Police nationale, davantage de moyens matériels ainsi que la création d’un Centre d’accueil temporaire pour les étrangers (CATE) à Ceuta afin de faire face à l’afflux de migrants.
2000 arrivées en quelques jours
La pression migratoire sur Ceuta s’est fortement accentuée depuis une dizaine de jours. Les autorités locales faisaient état mercredi de plus de 1 500 arrivées de migrants, principalement à la nage, en l’espace d’une semaine. Jeudi, plusieurs médias espagnols, dont El Confidencial, évoquaient désormais près de 2 000 arrivées, tandis que les tentatives de franchissement se poursuivaient. Face à cette situation, le président de la ville autonome, Juan Jesús Vivas, a demandé au gouvernement espagnol de déclarer une situation d’urgence et de renforcer les moyens déployés sur place. Le gouvernement marocain n’a pas réagi pour à ces accusations. L’attitude du Maroc suscite un vif débat dans la presse espagnole.


