Tunisie : un collectif de personnalités rejette toute « tutelle » après les propos de Tebboune

Mecipsa Amokrane
4 min de lecture
Le président Algérien Abdelmadjid Tebboune avec son homologue Tunisien.

Un collectif composé d’anciens ministres, responsables politiques, parlementaires, hauts fonctionnaires et militants de la société civile tunisiens a publié une déclaration nationale réaffirmant que « la Tunisie est un État libre, indépendant et souverain », en réaction aux récentes déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur les relations entre les deux pays.

Le texte fait référence aux propos tenus par le chef de l’État algérien le 27 juillet 2026 devant les médias nationaux, estimant qu’il est « indispensable de réaffirmer avec solennité l’attachement à une Tunisie libre, démocratique et pleinement souveraine » ainsi que « le caractère intangible de l’indépendance de la décision nationale et de la souveraineté de l’État tunisien ».

Les signataires affirment que si « toute expression sincère de solidarité entre les peuples tunisien et algérien face au terrorisme et aux autres défis communs est légitime », elle « ne peut en aucun cas être interprétée comme le fondement d’un quelconque droit de protection » ni laisser entendre que « la sécurité de la Tunisie dépendrait d’une garantie extérieure ».

Selon eux, une telle lecture porterait atteinte au principe de souveraineté nationale et ouvrirait la voie à « une logique de tutelle incompatible avec l’égalité souveraine des États ».

La déclaration souligne par ailleurs que les relations entre la Tunisie et l’Algérie, forgées par une histoire commune et des décennies de coopération, doivent continuer à reposer sur « le respect mutuel, l’égalité souveraine entre les deux États et le principe de non-ingérence dans leurs affaires intérieures ». Les auteurs du texte ajoutent qu’« une véritable amitié ne peut exister qu’entre deux États indépendants, pleinement souverains et égaux en droits ; jamais entre un protecteur et un protégé ».

Le collectif rappelle également que « la sécurité de la Tunisie, la défense de sa souveraineté, de son indépendance et de l’intégrité de son territoire relèvent exclusivement de la responsabilité de ses institutions constitutionnelles, de son armée nationale, de ses forces de sécurité et de son peuple ». Il estime que la coopération sécuritaire et militaire entre Tunis et Alger doit s’exercer « dans un cadre fondé sur l’égalité, la confiance mutuelle et le respect absolu de la souveraineté de chaque État ».

Le texte met également en cause les autorités tunisiennes actuelles, auxquelles les signataires attribuent « une lourde responsabilité dans la dégradation de la situation du pays ». Ils évoquent notamment « la remise en cause de l’État de droit », « le démantèlement progressif des institutions », « les restrictions imposées aux droits et aux libertés », ainsi que « l’isolement croissant » de la Tunisie sur les plans régional et international.

En conclusion, les auteurs réaffirment leur attachement « à l’indépendance, à la souveraineté et à la dignité » de la Tunisie et déclarent que le pays « n’acceptera aucune forme de tutelle, d’où qu’elle vienne », affirmant qu’il « demeurera maître de son destin ».

La déclaration est notamment signée par les anciens ministres Kamel Jendoubi, Mohamed Hamdi, Mohamed Trabelsi, Ali Kooli, Abdellatif Mekki et Ahmed Gaaloul, ainsi que par l’ancien gouverneur de la Banque centrale de Tunisie Mustapha Kamel Nabli, plusieurs anciens députés et des personnalités de la société civile.

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