Cinq ans après le 25 juillet 2021, des Tunisiens réclament le départ de Kaïs Saïed

Mecipsa Amokrane
3 min de lecture
Cinq ans après le 25 juillet 2021, des Tunisiens réclament le départ de Kaïs Saïed (DR)

Plusieurs centaines de Tunisiens ont manifesté samedi 25 juillet sur l’avenue Habib-Bourguiba, au cœur de Tunis, pour dénoncer la politique du président Kaïs Saïed, à l’occasion du cinquième anniversaire des mesures exceptionnelles qu’il avait annoncées le 25 juillet 2021.

Répondant à l’appel de plusieurs partis d’opposition, organisations de la société civile et militants, les manifestants ont exprimé leur rejet de ce qu’ils qualifient de « système du 25 juillet », estimant que le pays traverse une profonde crise politique, économique et sociale.

Au cours du rassemblement, les protestataires ont scandé des slogans réclamant le départ du chef de l’État, dénonçant notamment la hausse du coût de la vie, la détérioration des conditions de vie, les perturbations dans les services publics, dont les coupures d’électricité et d’eau, ainsi que le recul des libertés publiques.

Les organisateurs ont également accusé le pouvoir de concentrer les prérogatives entre les mains du président, d’affaiblir les institutions issues de la Constitution de 2014 et de multiplier les poursuites judiciaires visant des responsables politiques, des journalistes, des avocats et des militants de la société civile. Ils ont appelé à un retour à l’État de droit, à l’indépendance de la justice et à la restauration des acquis démocratiques de la révolution de 2011.

Ces manifestations interviennent cinq ans après le tournant politique du 25 juillet 2021, lorsque Kaïs Saïed avait suspendu les travaux du Parlement, limogé le chef du gouvernement et pris une série de mesures exceptionnelles. Le président tunisien a toujours défendu ces décisions, les présentant comme une réponse à la crise politique et à la corruption qui paralysaient, selon lui, le fonctionnement de l’État.

À l’inverse, l’opposition considère que ces mesures ont ouvert la voie à une concentration du pouvoir exécutif et à un recul des libertés démocratiques, dans un contexte marqué par une situation économique difficile, une inflation persistante et une dégradation du pouvoir d’achat.

La mobilisation de samedi illustre la persistance des tensions politiques en Tunisie, où les critiques du pouvoir continuent de réclamer une réforme du système politique et une sortie de la crise institutionnelle, tandis que les autorités défendent leur stratégie de refondation de l’État.

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