Les autorités espagnoles ont annoncé le déploiement de moyens militaires à Ceuta afin de faire face à l’arrivée de plusieurs centaines de migrants ayant rejoint l’enclave espagnole depuis le Maroc en l’espace de quelques jours.
Selon les autorités locales, de nombreux exilés ont atteint Ceuta à la nage, tandis que d’autres sont passés par le poste-frontière. Les garde-côtes espagnols et les équipes de la Croix-Rouge ont également multiplié les opérations de secours en mer, plusieurs migrants, dont des mineurs, ayant été retrouvés en difficulté lors de la traversée.
Le président de la ville autonome de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ». Il affirme que les structures d’accueil sont arrivées à saturation, certaines dépassant largement leur capacité initiale, contraignant des centaines de personnes à passer la nuit à l’extérieur.
Face à cette pression, les autorités locales ont sollicité le soutien de l’armée. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a indiqué que « toutes les ressources nécessaires » avaient été mobilisées afin d’apporter « une réponse immédiate » à la situation. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, est attendu à Ceuta pour évaluer les besoins sur place.
Parallèlement, Madrid a annoncé travailler avec Rabat à la mise en œuvre de procédures permettant le renvoi « dans les meilleurs délais » des personnes entrées irrégulièrement sur le territoire espagnol, dans le respect du cadre juridique applicable.
Une décision de justice au cœur des analyses
Plusieurs médias espagnols relient cette hausse des arrivées à un arrêt rendu le 16 juin par la Cour suprême espagnole. La juridiction a jugé illégaux les refoulements automatiques des personnes parvenant à Ceuta à la nage, obligeant désormais les autorités à examiner individuellement chaque situation avant toute mesure d’éloignement.
Selon ces médias, cette décision aurait circulé rapidement parmi les candidats à la migration, alimentant de nouvelles tentatives de traversée. “Les personnes arrivées à Ceuta sont majoritairement de nationalité marocaine, mais des ressortissants d’autres pays, notamment des Algériens, figurent également parmi les nouveaux arrivants”, ajoute la même source.
Des rumeurs d’ouverture de la frontière
Côté marocain, des centaines de personnes, parmi lesquelles de nombreux mineurs, se sont rassemblées près de la frontière après la diffusion de rumeurs faisant état d’une possible ouverture du passage vers Ceuta. Les autorités marocaines n’ont pas communiqué sur ces événements.
Cette crise constitue le plus important afflux enregistré à Ceuta depuis mai 2021, lorsque plus de 10 000 migrants avaient franchi la frontière en l’espace de deux jours, dans un contexte de s fortes tensions diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc autour de la question du Sahara occidental. Depuis, les relations entre Madrid et Rabat se sont progressivement normalisées, notamment sur le plan de la coopération migratoire.

