La multiplication des listes de candidature n’aura pas suffi à mobiliser les électeurs dans la wilaya de Béjaïa. Lors des élections législatives du 2 juillet, le taux de participation est resté particulièrement faible, atteignant 14,98 % à la fermeture des bureaux de vote, malgré une offre électorale diversifiée et une campagne qui s’est déroulée sans incident. Pour ce scrutin, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) avait validé 14 listes de candidature, dont sept listes indépendantes, en lice pour les neuf sièges attribués à la wilaya de Béjaïa à l’Assemblée populaire nationale (APN).
À cette offre politique s’ajoutait la participation des deux principales formations traditionnellement implantées dans la région, à savoir le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Leur présence, conjuguée au nombre important de listes, laissait espérer une mobilisation plus importante des électeurs.
Mais les chiffres communiqués à la clôture du scrutin montrent que cette diversité de candidatures n’a pas eu l’effet escompté sur la participation.
Une journée de vote marquée par une faible affluence
Sur le terrain, la journée électorale ressemblait davantage à une journée ordinaire de week-end, plus précisément à un vendredi, qu’à un rendez-vous électoral national.
Dans plusieurs communes de la wilaya, les bureaux de vote n’ont enregistré qu’une faible affluence. Les mouvements de citoyens sont restés limités et l’ambiance est demeurée calme tout au long de la journée.
À Sidi Aïch, par exemple, rien ou presque n’indiquait qu’une élection législative était en cours. Les rues étaient peu animées, aucune file d’attente n’était visible devant les centres de vote et les véhicules transportant les électeurs vers les bureaux de vote étaient quasiment inexistants. Autre constat : la mobilisation des candidats et de leurs équipes est apparue bien plus discrète que par le passé.
Dans les quartiers comme dans les villages, les opérations de porte-à-porte destinées à convaincre les électeurs de se rendre aux urnes étaient rares. Les traditionnels cortèges de voitures qui animaient autrefois les journées de scrutin étaient également absents.
Cette faible présence sur le terrain contraste avec les pratiques observées lors des élections des années 1990, lorsque les candidats et leurs militants multipliaient les actions de proximité jusqu’à la fermeture des bureaux de vote.
Un contraste avec les législatives de 1997
Le contraste est particulièrement frappant avec les élections législatives de 1997, marquées par une forte rivalité entre le FFS et le RCD.
À l’époque, la concurrence entre les deux principales formations politiques de la région se traduisait par une campagne très animée. Les militants sillonnaient les quartiers et les villages, les cortèges de véhicules étaient nombreux et les candidats redoublaient d’efforts pour convaincre les électeurs de participer au scrutin.
Près de trente ans plus tard, cette dynamique semble s’être largement estompée.
Aucun incident ni appel au boycott
Le faible taux de participation enregistré à Béjaïa ne peut toutefois pas être expliqué par des perturbations du déroulement du scrutin.
Aucune action d’empêchement ou de perturbation des élections n’a été signalée dans la wilaya. Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes normalement dès le début de la matinée et le scrutin s’est déroulé dans des conditions ordinaires jusqu’à la fermeture des centres de vote.
Par ailleurs, aucune force politique n’avait appelé au boycott ou au rejet de ces élections. Contrairement à certains scrutins passés, aucun mot d’ordre en ce sens n’a été lancé publiquement.
Dans ce contexte, le taux de participation de 14,98 % apparaît davantage comme le reflet d’une faible mobilisation des électeurs que comme la conséquence d’incidents ou d’entraves au déroulement du vote.
Une offre politique plus large, sans effet sur la mobilisation
Avec 14 listes en compétition, dont la moitié composée de listes indépendantes, la wilaya de Béjaïa proposait pourtant un choix plus large aux électeurs pour désigner les neuf députés appelés à la représenter à l’Assemblée populaire nationale.
Les résultats de la participation montrent cependant que l’élargissement de l’offre électorale n’a pas permis d’inverser la tendance. Malgré la présence des principaux partis de la région, l’absence d’incidents et le déroulement normal du scrutin, la mobilisation est restée particulièrement faible, confirmant le désintérêt d’une grande partie du corps électoral pour ce rendez-vous législatif.


