Près de 1,2 million de demandes de régularisation en Espagne : 40 000 Algériens concernés

Les chiffres détaillés des demandeurs de régularisation extraordinaire en Espagne sont tombés : 1 174 978 demandes ont été officiellement enregistrées. Si la Colombie pointe en tête, elle est suivie par le Maroc en deuxième position. De leur côté, les Algériens se hissent au 7e rang mondial, représentant un contingent de près de 40 000 postulants. Déjà, 11 000 personnes ont obtenu leurs papiers et plus de la moitié des dossiers sont en cours d'instruction.

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Consulat d'Algérie à Alicante: la course des Algériens pour obtenir les documents nécessaires à la régularisation (dr)

Le processus historique de régularisation extraordinaire de migrants en Espagne, clôturé fin juin 2026, a largement dépassé toutes les attentes du gouvernement de Madrid, qui tablait initialement sur une fourchette comprise entre 500 000 et 750 000 dossiers. Selon le bilan ministériel détaillé publié ce 3 juillet, le dispositif a attiré un volume massif de demandes. L’administration s’est déjà mise en ordre de marche puisqu’environ 11 000 personnes sont d’ores et déjà régularisées et 609 737 dossiers, soit un peu plus de la moitié du total, sont en cours d’instruction active.

Si l’Amérique latine domine globalement le processus avec près de sept demandeurs sur dix, l’Afrique est la deuxième région d’origine avec 269 070 postulants. Au cœur de cette dynamique africaine, l’Algérie et le Maroc confirment le poids structurel de l’immigration maghrébine dans la péninsule.

L’Algérie au 7e rang mondial : un chiffre qui double les projections

L’un des enseignements majeurs de ce bilan réside dans la confirmation de la poussée de la communauté algérienne. Avec précisément 39 949 demandes enregistrées, l’Algérie s’établit solidement à la 7e place du classement mondial. Ce chiffre constitue une véritable surprise puisque les projections initiales de la Fondation espagnole des caisses d’épargne FUNCASES. relayées par Maghreb Emergent tablaient sur un volume d’environ 17 700 ressortissants algériens potentiellement concernés par cette mesure de régularisation. Le nombre réel de postulants s’avère donc plus de deux fois supérieur aux estimations initiales, ce qui témoigne d’une sous-estimation probable de la population algérienne en situation irrégulière avant cette opération.

L’accès de l’Algérie à ce Top 10 officiel valide l’intensification des flux migratoires en Méditerranée occidentale observée ces dernières années. Face aux restrictions croissantes de visas dans l’espace Schengen traditionnel, notamment vers la France, l’Espagne s’est affirmée comme une terre de stabilisation majeure pour les migrants algériens. Pour ces quelque 40 000 ressortissants, cette mesure d’exception représente une opportunité historique de sortir de l’économie informelle et d’accéder à un statut légal.

Le Maroc solidement ancré à la deuxième place mondiale

Derrière l’indétrônable Colombie qui cumule 304 319 demandes, le Maroc se classe au deuxième rang mondial avec 156 272 dossiers déposés, ce qui représente 13,3 % du total national. Ce volume considérable reflète l’ancrage historique de la communauté marocaine, qui constitue traditionnellement la première minorité étrangère hors Union européenne en Espagne.

À eux deux, les voisins algérien et marocain totalisent 196 221 demandes. Cela représente près d’un dossier sur six à l’échelle nationale, mais aussi et surtout près de 73 % de l’ensemble des demandes en provenance du continent africain.

Un profil national jeune et majoritairement masculin

Les données globales du ministère révèlent des caractéristiques démographiques précises à l’échelle de l’ensemble des demandeurs, qui éclairent par extension le profil des ressortissants maghrébins.

Sur l’ensemble du processus, les hommes représentent 669 737 dossiers contre 505 241 pour les femmes. Cette prédominance masculine globale s’aligne avec les caractéristiques habituelles des flux migratoires transméditerranéens en provenance d’Afrique du Nord, où la part des hommes est traditionnellement très marquée.

De plus, le profil général des postulants se caractérise par une jeunesse accentuée : plus de 81 % de l’ensemble des demandeurs ont moins de 45 ans, la tranche d’âge la plus représentée étant celle des 25-34 ans avec un total de 367 768 dossiers. Il s’agit donc d’une main-d’œuvre jeune et immédiatement disponible pour le marché du travail espagnol, ce qui correspond particulièrement à la réalité des candidats algériens et marocains.

Enfin, à l’échelle nationale de l’opération, l’ancrage sur le territoire est évident : près de 80 % de toutes les requêtes (79,6 %) ont été introduites sous le statut de l’arraigo extraordinaire, lié à l’intégration par l’ancienneté de séjour et le travail, tandis que 20,4 % émanent de demandeurs de protection internationale ayant choisi de basculer vers ce processus. Cette forte proportion de régularisation par le travail et la présence prolongée reflète parfaitement le parcours des ressortissants maghrébins déjà installés et actifs dans l’économie informelle en Espagne.

Un jalon pour une stabilisation durable

Sur le plan géographique, les dossiers se concentrent sans surprise dans les grands bassins économiques de la péninsule. À l’échelle globale, la province de Madrid arrive en tête avec 202 424 demandes, suivie de près par Barcelone qui en compte 192 195 et Valence avec 74 951 dossiers. Ce sont des zones particulièrement dynamiques où les ressortissants algériens et marocains sont fortement insérés dans les secteurs de la logistique, du bâtiment, des services et de l’agriculture.

Le gouvernement espagnol dispose désormais d’un délai réglementaire de trois mois pour statuer sur l’immense majorité des dossiers restants. Pour la communauté algérienne, aux côtés de la communauté marocaine, le succès de cette opération marque un jalon historique vers une stabilisation durable, permettant de transformer une présence précaire en une contribution formelle, visible et active à l’économie espagnole.

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