Élections locales : le PT et le FFS dénoncent une purge des candidatures

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الانتخابات التشريعية 2021
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Comme lors des législatives, une véritable purge a été opérée dans les listes présentées par certains partis pour les élections locales prévues le 28 novembre prochain. C’est en tout cas ce qu’ont dénoncé le Parti des travailleurs (PT) et le Front des forces socialistes (FFS), qui accusent les autorités d’avoir écarté arbitrairement des militants, des cadres et des candidats disposant d’un ancrage populaire.

Dans un communiqué rendu public ce mardi 20 octobre, le PT dit constater, avec « surprise et indignation », une nouvelle vague d’exclusions massives, après celle qui avait marqué les législatives du 2 juillet dernier. Le parti dénonce particulièrement l’éviction de militants de longue date, d’élus reconnus pour leur intégrité et leur compétence, mais aussi de jeunes candidats et de femmes militantes. Certains candidats, souligne-t-il, ont été rejetés alors que leurs candidatures avaient été acceptées lors des législatives.

Le PT s’indigne également du caractère vague des motifs invoqués, notamment celui de « porter atteinte à la morale politique ». Il estime que ces décisions violent l’esprit et la lettre des articles 1 et 184 de la loi électorale, et réclame le rétablissement des candidats dans leurs droits. Le parti considère que ces pratiques portent atteinte au droit constitutionnel de candidature et au libre choix des électeurs, tout en contribuant à la démobilisation politique et à l’abstention.

Le FFS tient un discours tout aussi sévère. Il dénonce une « vaste opération de purge » ayant ciblé ses candidats dans la majorité des listes présentées, notamment les têtes de liste, les cadres et les candidats capables de mobiliser l’électorat. Pour la formation dirigée par Youcef Aouchiche, l’application des articles 1 et 184 de la loi électorale s’apparente à un « filtrage autoritaire » destiné à influer sur les résultats du scrutin.

Le parti va plus loin en dénonçant une « entreprise de disqualification du politique » et une possible volonté d’affaiblir les formations politiques, de neutraliser les corps intermédiaires et de réduire les espaces de médiation politique et sociale. Il exige le réexamen des décisions contestées et la réhabilitation des candidats lésés.

L’ANIE avance des motifs administratifs et légaux

De son côté, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) présente un bilan qui semble relativiser l’ampleur des rejets. Selon son communiqué, trois listes ont été rejetées sur les 5 631 déposées pour les élections aux Assemblées populaires communales (APC), soit 0,05 %. Pour les Assemblées populaires de wilaya (APW), six listes ont été rejetées sur 434, soit 1,38 %.

Ces chiffres concernent les listes dans leur ensemble. Les rejets individuels de candidatures reposent, selon l’ANIE, sur plusieurs motifs : dossiers incomplets, absence d’inscription sur les listes électorales de la circonscription concernée, âge inférieur au minimum légal de 23 ans, situation irrégulière vis-à-vis du service national ou de l’administration fiscale, condamnation définitive non réhabilitée, ou encore liens notoires avec des milieux d’affaires suspects susceptibles d’influencer le libre choix des électeurs.

L’Autorité invoque également l’existence d’éléments portant atteinte au principe de moralisation de la vie politique. Les candidats concernés peuvent introduire des recours auprès des tribunaux administratifs, tandis que la procédure de remplacement est ouverte jusqu’au 28 octobre.

L’ANIE souligne par ailleurs que les listes enregistrent 54,02 % de candidats âgés de moins de 40 ans et 11,86 % de femmes. Des chiffres qui mettent en avant le renouvellement générationnel et la participation féminine, sans toutefois répondre aux accusations portant sur les conditions d’exclusion de certains candidats.

Derrière la moralisation, une volonté d’écarter les voix critiques ?

Visiblement, ces arguments peinent à convaincre les partis contestataires. Dès lors, une question se pose : faut-il y voir une volonté d’éliminer le pluralisme politique, comme l’affirment le PT et le FFS, ou une stratégie visant à remodeler la représentation politique en écartant les militants les plus susceptibles de contester les choix du pouvoir ?

Aux yeux des opposants, le recours à des critères jugés vagues et extensibles permettrait de justifier des exclusions difficiles à contester sur le fond. La notion de « moralisation de la vie politique », en particulier, soulève des interrogations lorsqu’elle est invoquée contre des candidats dont les partis contestent les accusations et réclament des éléments concrets à l’appui des décisions.

Derrière l’objectif officiel de rajeunissement et de renouvellement des élites, certains observateurs voient ainsi la recherche de profils plus accommodants, moins enclins à remettre en cause les orientations des autorités. Une hypothèse qui prend une dimension particulière dans un contexte où une partie des militants politiques, notamment parmi ceux qui ont participé au Hirak de 2019, demeure porteuse de revendications démocratiques et de contestation de l’ordre politique établi.

L’enjeu dépasse dès lors la seule composition des listes électorales. Dans un contexte économique et social tendu, où des décisions impopulaires pourraient s’imposer, le pouvoir aurait intérêt, selon cette lecture, à s’appuyer sur des élus moins susceptibles de contester ses choix. Mais cette interprétation reste à établir : les communiqués du PT et du FFS formulent des accusations politiques, tandis que l’ANIE défend la régularité des procédures au regard de la législation électorale.

Une chose est certaine : après l’abstention massive enregistrée lors des législatives du 2 juillet, ces nouvelles contestations risquent d’accentuer la défiance envers les institutions et de fragiliser davantage la crédibilité du scrutin local avant même la tenue du vote.

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