L’ancien ministre espagnol de la défense, Federico Trillo, a affirmé, mardi 21 avril à Barcelone, que les attentats du 11 mars 2004 à Madrid auraient été commis par des « commandos » composés d’individus d’origine nord-africaine envoyés par le Maroc et opérant, selon lui, sous le contrôle ou l’influence des services secrets français.
L’ancien dirigeant du Parti populaire dit fonder cette analyse sur une « conviction absolue », sans apporter cependant de nouveaux éléments factuels. Ces déclarations ont été faites lors de la présentation de ses mémoires, Memorias de anteayer, (Mémoires d’avant-hier) à l’Ateneo de Barcelone, un cercle culturel et intellectuel. Elles ravivent une controverse ancienne autour de l’interprétation des attentats de Madrid, longtemps objet de débats politiques en Espagne.
Pour la justice, c’est Al-Qaïda
Les attentats du 11 mars 2004 à Madrid ont fait 193 morts et près de 2 000 blessés dans des trains de banlieue de la capitale espagnole. La justice espagnole a conclu en 2007 à la responsabilité d’une cellule jihadiste liée à Al-Qaïda, sans retenir l’implication d’États étrangers. Cette version constitue depuis lors le cadre de référence institutionnel.
Le récit du 11-M reste néanmoins marqué par des lectures concurrentes apparues dès le lendemain des attentats, notamment dans certains segments de la droite espagnole, où la gestion politique de la crise avait déjà alimenté de fortes tensions en 2004. La reprise de ces thèses s’inscrit dans un contexte où la mémoire du 11-M demeure un sujet sensible, régulièrement réactivé dans le débat public espagnol.
Des lectures géopolitiques récurrentes
Les relations entre l’Espagne, le Maroc et la France apparaissent parfois, dans certaines interprétations politiques, comme un arrière-plan des enjeux de sécurité et de terrorisme. Ces lectures reposent sur l’idée d’ingérences ou d’influences extérieures dans les dynamiques régionales. Elles coexistent toutefois avec la coopération officielle entre Madrid et Rabat en matière de lutte antiterroriste et de contrôle migratoire, régulièrement réaffirmée par les autorités des deux pays.


