Port d’Alger : le trafic recule sur les deux premiers mois de 2026, tous secteurs touchés

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Le port d’Alger enregistre une baisse marquée de son activité en ce début d’année 2026. Les statistiques publiées par l’Entreprise Portuaire d’Alger (EPAL) pour les mois de janvier et février confirment un repli généralisé du trafic de marchandises, aussi bien pour les hydrocarbures que pour les autres produits.

Sur la période janvier-février 2026, le port d’Alger a traité au total 1 253 893 tonnes, contre 1 549 429 tonnes sur la même période en 2025, soit un recul de 19,07 %. Le trafic hors hydrocarbures passe de 992 760 tonnes à 918 532 tonnes, en baisse de 7,48 %. Le trafic hydrocarbures, lui, s’effondre de 39,88 %, passant de 556 668 tonnes à 335 361 tonnes. À l’import, le cumul recule de 16,71 %. À l’export, la baisse est encore plus prononcée, à -38,05 %, signe d’un fort redéploiement des flux vers d’autres terminaux nationaux.

Janvier 2026 : la chute la plus sévère

En janvier 2026, le trafic global s’établit à 585 203 tonnes, contre 757 387 tonnes en janvier 2025, soit une chute de 22,73 %. C’est le mois le plus difficile de la période. Le trafic hydrocarbures recule de 42,43 %, passant de 282 999 tonnes à 162 917 tonnes. À l’embarquement, les exports d’hydrocarbures perdent 28,27 %. Le trafic hors hydrocarbures, quant à lui, baisse de 10,98 %, de 474 387 tonnes à 422 286 tonnes. Du côté des importations, le recul atteint 19,31 %. Sur le segment conteneurs, la baisse est particulièrement visible : le port traite seulement 20 768 EVP contre 32 120 EVP en janvier 2025, soit -35,34 %. Le trafic passagers recule également de 5,98 %, avec 20 713 voyageurs contre 22 031 un an auparavant.

Février 2026 : le recul se poursuit mais s’atténue

En février 2026, le trafic global atteint 668 690 tonnes contre 792 042 tonnes en février 2025, soit une baisse de 15,57 %. Le repli est donc moins prononcé qu’en janvier, mais reste significatif. Le trafic hydrocarbures continue de chuter, à -36,99 %, avec 172 444 tonnes contre 273 669 tonnes. À l’export, la situation s’aggrave même par rapport à janvier : les embarquements d’hydrocarbures reculent de 45,61 %. Le hors hydrocarbures résiste mieux, avec un recul limité à 4,27 %, de 518 373 tonnes à 496 246 tonnes. Les importations baissent de 13,95 %. Sur le segment conteneurs, la situation se stabilise avec 30 218 EVP traités contre 28 266 en février 2025, soit +6,91 %, porté principalement par les conteneurs vides en retour (+42,54 %). Le trafic passagers recule de 8,76 %, avec 18 316 voyageurs contre 20 074 en février 2025.

Un contexte qui contraste avec d’autres ports algériens

Ce repli du port d’Alger intervient dans un contexte paradoxal. D’autres ports algériens, à l’image de celui de Béjaïa, enregistrent au contraire une forte progression de leur activité. Ce dynamisme contrasté soulève des interrogations sur la répartition des flux de marchandises à l’échelle nationale, et sur la compétitivité relative des infrastructures algéroises.

En réponse à ces signaux d’alarme, la direction de l’EPAL a multiplié les initiatives. Le DG a effectué une visite nocturne des quais le 27 février 2026 pour évaluer directement le rythme des opérations. L’objectif est clair : réduire le temps de séjour des navires en rade et améliorer la fluidité portuaire, conformément aux instructions du ministère de tutelle.

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