Espagne : report confirmé de la visite de Tebboune sur fond de tensions à Ceuta et d’élections anticipées

Le report de la visite du président Abdelmadjid Tebboune en Espagne, prévue pour le mois d’octobre, a été confirmé par des « sources gouvernementales » citées par le quotidien El País.

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Pedro Sanchez - Abdelùadjid Tebboune à Alger, le 20 juillet 2026

Même si aucune date précise n’avait été fixée, le mois d’octobre avait été retenu à la suite de la visite éclair en Algérie du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, arrivé directement des États-Unis après le sacre de la Roja à la Coupe du monde.

Aucune explication officielle du report n’a été donnée, mais les sources gouvernementales citées par El País évoquent à la fois la visite du roi et de la reine d’Espagne à Ceuta et Melilla, les 13 et 14 octobre, et la tenue des élections générales anticipées le 29 novembre prochain.

Officiellement, le gouvernement espagnol n’établit aucun lien entre la visite des souverains et celle, dont la date restait imprécise, d’Abdelmadjid Tebboune. Mais une source gouvernementale citée par le quotidien souligne que « la crise de Ceuta n’a précisément pas aidé à la tenue de cette rencontre ».

En clair, la visite des souverains espagnols à Ceuta et Melilla ne sera pas bien accueillie par Rabat, et Madrid ne souhaite pas ajouter à l’irritation marocaine en recevant le président algérien dans ce contexte. Pour rappel, la visite du roi Juan Carlos et de la reine Sofia à Ceuta et Melilla, en novembre 2007, avait provoqué le courroux de Rabat, qui l’avait jugée « inopportune » et rappelé son ambassadeur.

Une classe politique divisée face au « facteur marocain »

Une partie du personnel politique et des médias espagnols ne considère pas comme une coïncidence que la crise migratoire de Ceuta soit survenue dix jours après la visite de Pedro Sánchez en Algérie.

Si le ministre espagnol des Affaires étrangères a refusé d’établir un lien entre les deux événements, de nombreux médias et responsables politiques, y compris à gauche du PSOE, ont vu dans cette crise les signes d’une « attaque hybride » menée par les services marocains.

Le gouvernement de Pedro Sánchez a été vivement critiqué, y compris par des alliés de gauche, pour sa « complaisance » à l’égard du Maroc. Il a fallu attendre la dernière semaine de septembre pour que Pedro Sánchez évoque, dans un entretien avec la chaîne américaine CNN, la responsabilité de Rabat dans la défaillance du contrôle frontalier :

« Nous enquêtons sur ce qui s’est passé durant ces journées de juillet, mais nous avons également demandé au Maroc d’agir et de nous fournir des réponses, car il est évident que son contrôle des frontières a échoué. »

Le bouleversement du calendrier électoral

Les responsables espagnols invoquent de manière plus affirmée le changement soudain du calendrier électoral, après le rejet par la droite de décrets-lois sur le logement, un sujet au cœur d’une profonde crise sociale en Espagne.

Selon les sources citées par El País, la tenue de la VIIIe Réunion de haut niveau hispano-algérienne, annoncée lors de la visite de Pedro Sánchez, n’était pas impérativement prévue en octobre.

Aucune date définitive n’avait été fixée. Il avait seulement été convenu que la réunion se tiendrait après l’été, au cours du dernier trimestre. « À présent, avec les élections déjà en cours, il est préférable de le reporter à l’issue du scrutin », expliquent ces sources.

Au bout du compte, les électeurs espagnols décideront indirectement de l’identité du gouvernement qui recevra Abdelmadjid Tebboune, si sa visite est confirmée : un exécutif de gauche ou de droite. L’Espagne est déjà entrée dans une campagne électorale qui s’annonce âpre.

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