Été 2026 : les tarifs des voyages vers la Tunisie s’envolent pour les Algériens

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La Tunisie, destination privilégiée des Algériens face à la hausse des prix des voyages organisés cette année.

Le SITEV 2026 s’est terminé la semaine dernière à Alger sur une forte présence des professionnels tunisiens et algériens du tourisme. Derrière les stands et les promotions estivales affichées aux visiteurs, plusieurs agences de voyages algériennes cachent pourtant une véritable inquiétude.

Depuis les nouvelles dispositions imposées fin 2025 pour les voyages organisés vers la Tunisie par voie terrestre, le secteur traverse une période compliquée. Hausse des coûts, délais administratifs plus longs et nouvelles obligations pour les transporteurs : les agences de voyages parlent désormais d’une saison difficile.

Le voyage vers la Tunisie reste l’une des activités les plus importantes pour de nombreuses agences algériennes, surtout à l’approche de l’été. Mais cette année, les professionnels affirment que les conditions ont complètement changé.

Agences de voyages : retour sur les nouvelles lacunes du secteur

Dans les allées du SITEV 2026, plusieurs professionnels du tourisme ont évoqué les difficultés rencontrées depuis l’application des nouvelles mesures décidées par le ministère des Transports.

Désormais, les agences doivent déposer une autorisation de sortie du territoire au moins quinze jours avant la date du départ. Une contrainte qui bloque totalement les réservations de dernière minute, très fréquentes dans ce type de voyages. Zakaria Nabi explique que cette situation a profondément bouleversé le fonctionnement des agences.

« Suite aux instructions imposées par le ministère des Transports fin 2025, ce qui nous oblige à avoir une autorisation pour quitter le territoire national, la déposer 15 jours avant la date de départ, avec au moins 12 personnes, cette décision nous impose un arrêt de travail de 15 jours », affirme-t-il.

Les professionnels évoquent également les nouvelles exigences imposées aux moyens de transport utilisés pour les voyages organisés. « Les mini-bus Sprinter de 18 places que nous louons d’habitude ne sont plus conformes pour ce genre de voyage, nous devons louer un bus de plus de 32 places ».

Les agences dénoncent aussi d’autres restrictions. Les nouvelles règles imposent désormais des bus de moins de dix ans, la présence de deux chauffeurs ainsi qu’une limitation à une seule sortie mensuelle. Pour plusieurs professionnels, ces mesures ont totalement changé l’équilibre économique des voyages organisés vers la Tunisie. Un acteur du secteur affirme même que certaines agences ont dû suspendre plusieurs programmes estivaux faute de pouvoir respecter toutes les nouvelles conditions administratives et logistiques.

Voyage vers la Tunisie : durant 15 jours, les agences restent à l’arrêt

Les conséquences se ressentent directement sur les prix proposés aux voyageurs algériens. Selon les professionnels, les coûts du transport ont fortement augmenté ces derniers mois. Les agences expliquent que les transporteurs cherchent désormais à compenser la baisse du nombre de rotations autorisées.

« Il faut signaler que ces bus qui travaillaient d’habitude pour 250 mille dinars maintenant ont augmenté leurs tarifs, puisqu’ils ont droit à une sortie par mois », explique encore Zakaria Nabi. « Maintenant, il y a ceux qui fixent leurs tarifs jusqu’à 400 mille dinars algériens », poursuit-il.

Cette hausse représente une augmentation de 60 % des tarifs de location des bus touristiques. Une évolution qui impacte directement les prix des séjours proposés aux familles algériennes.

L’année dernière, plusieurs agences de voyages commercialisaient des séjours organisés vers la Tunisie à partir de 35 000 dinars. Cet été, les prix affichés démarrent désormais autour de 45 000 dinars.

Cela représente une hausse d’environ 28 % en une année seulement.

« Tous ces facteurs ont poussé les agences à augmenter les prix pour les voyages organisés. L’année dernière on les affichait à partir de 35 mille dinars et cette année à partir de 45 mille dinars algériens », affirme Zakaria Nabi.. « La situation devient de plus en plus compliquée pour nous et on espère uniquement que cette durée d’attente de 15 jours soit réduite pour qu’on puisse travailler dans de bonnes conditions », ajoute le gérant de l’agence Terre d’à côté.

Malgré ces difficultés, les agences continuent de miser sur la Tunisie, qui reste l’une des destinations préférées des Algériens durant la saison estivale grâce à la proximité géographique et aux prix généralement plus accessibles que d’autres destinations étrangères.

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