Le marché noir des devises en Algérie confirme, une nouvelle fois, sa tendance haussière de long terme. En l’espace d’une année, l’euro a nettement progressé face au dinar, traduisant une pression persistante sur la monnaie nationale sur le marché parallèle.
Le 12 août 2025, 100 euros s’échangeaient autour de 26 050 dinars sur le marché noir algérien. Un an plus tard, le 12 août 2026, le même montant atteint 27 500 dinars. L’écart est ainsi de 1 450 dinars pour 100 euros, soit une hausse d’environ 5,6 % en une année.
Cette progression s’inscrit dans une tendance plus large observée depuis la sortie de la crise sanitaire de Covid-19. À partir de l’été 2022, l’euro a enregistré des hausses annuelles successives sur le marché parallèle des changes en Algérie. Malgré des périodes de stabilité et quelques phases de recul, la tendance de fond reste orientée à la hausse.
Une demande de devises qui ne cesse de progresser
Selon un cambiste, cette évolution s’explique avant tout par la hausse continue de la demande en devises étrangères. L’offre disponible sur le marché parallèle ne parvient pas toujours à suivre le rythme des besoins, ce qui provoque des ajustements réguliers de la valeur de l’euro face au dinar.
Cette pression sur la demande ne concerne plus uniquement les voyageurs. Plusieurs activités nécessitant des paiements ou des achats en devises contribuent également à alimenter le marché parallèle.
Le retour, à partir de 2023, de l’importation de véhicules d’occasion de moins de trois ans, payés en devises, a notamment constitué un nouveau facteur de demande. La reprise des importations de véhicules neufs, notamment en provenance de pays asiatiques, a également renforcé les besoins en monnaie étrangère. L’importation des véhicules d’occasion de moins de trois ans est encadrée par la réglementation algérienne.
À cela s’est ajoutée, en juin 2025, la régularisation du commerce du cabas, avec la création d’un cadre permettant aux petits importateurs d’exercer cette activité sous le statut d’auto-entrepreneur. Cette mesure a officialisé une activité qui implique l’achat de marchandises à l’étranger et, par conséquent, des besoins supplémentaires en devises.
Une pression durable sur l’euro
Pour les cambistes, l’équation reste donc relativement simple : lorsque la demande augmente plus rapidement que l’offre, le prix de l’euro progresse face au dinar. Les différents besoins liés aux voyages, à l’importation de véhicules et au commerce de marchandises contribuent à maintenir cette pression.
Le passage de 26 050 à 27 500 dinars pour 100 euros en douze mois illustre cette évolution. Même si le marché connaît régulièrement des phases de baisse ou de stabilité, la progression sur une année confirme la persistance d’une pression haussière sur l’euro dans le marché parallèle algérien des devises.


