Exportation hors hydrocarbures : l’Algérie frôle les 4 milliards de dollars, mais restent à la moitié du cap fixé par Tebboune

Les exportations algériennes hors hydrocarbures ont frôlé 4 milliards de dollars sur les huit premiers mois de 2026, en hausse de plus de 10 % sur un an, selon le ministère du Commerce extérieur. Mais la hausse ralentit et le niveau n’a rien d’inédit. Le ministère, lui, met l’accent sur la durée, avec pour objectif que ces ventes couvrent au moins la balance commerciale.

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Les exportations hors hydrocarbures de l’Algérie ont frôlé 4 milliards de dollars en huit mois. ©Pexels
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Zouhir Moussaoui, directeur central au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, a donné ces chiffres dimanche 18 octobre sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, dans l’émission « L’Invité du matin ». Il s’exprimait au lendemain de l’ouverture, à Blida, du salon des produits des industries alimentaires « Made in Algeria », qui réunit une centaine d’entreprises et des délégations d’une vingtaine de pays, et qui reste ouvert jusqu’au 20 octobre au stade Tchaker. Entre janvier et août, les ventes hors hydrocarbures ont frôlé les 4 milliards de dollars, et M. Moussaoui y voit un « regain » des exportations vers l’étranger. Le port de Béjaïa va dans son sens, puisque ses exportations hors hydrocarbures ont gagné 72 % en tonnage sur la même période.

L’agroalimentaire en fait partie, pour une part encore modeste. Les industries alimentaires ont exporté pour plus de 213 millions de dollars, soit près de 15 % de plus qu’en 2025, mais environ 5 % du total annoncé. « C’est un indicateur positif, après avoir été un marché qui importait », estime M. Moussaoui. Il cite les biscuits, le chocolat, les boissons et le fromage parmi les produits qui séduisent les acheteurs étrangers, tandis que l’huile d’olive et les conserves demandent encore, dit-il, davantage d’efforts.

Il met aussi en avant la substitution aux importations. Les biscuits, qui coûtaient plus de 28 millions de dollars à l’achat, ne sont presque plus importés, et une usine de levure entre en production à Djelfa alors que le pays en importe pour plus de 100 millions de dollars.

Des ventes concentrées sur quelques mois

Le responsable ne s’en contente pas. Ces chiffres, reconnaît-il, « ne reflètent pas la réalité des capacités de production, car ce sont des chiffres variables », et il juge que « l’essentiel est de maintenir cette dynamique ». Son objectif est de voir les exportations hors hydrocarbures « couvrir au moins la balance commerciale ». Or le pays a déjà connu un sommet suivi d’un recul.

Ce sommet date de 2022. Le ministère et la présidence parlaient alors de 7 milliards de dollars sur l’année, quand la Banque d’Algérie en comptait 5,98 milliards. Les exportations ont ensuite reculé à 5,06 milliards en 2023, puis à 3,84 milliards en 2024 selon la Banque d’Algérie, et l’ONS confirme ce repli en dinars, de 648,9 à 476,6 milliards. L’année 2025 a apporté un rebond, autour de 5 milliards d’après le président Abdelmadjid Tebboune lors de son entretien périodique de février, soit la moitié du cap de 10 milliards qu’il avait fixé en avril 2025.

Le niveau d’aujourd’hui n’a, du reste, rien d’inédit. À la fin d’août 2022, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane annonçait déjà près de 4 milliards de dollars, en hausse de 42 % sur un an. Et le rythme faiblit, puisque la hausse était de 16 % au premier trimestre 2026, d’après le ministère, pour un peu plus de 10 % sur huit mois.

D’ailleurs, la prévision pour l’année colle mal avec cette hausse. « Nous prévoyons de dépasser 5 milliards de dollars », a déclaré M. Moussaoui, alors qu’en octobre 2025 le ministère disait déjà viser 5 milliards, avec 23 % de hausse sur sept mois, et que 2025 a fini autour de ce niveau selon le président. De septembre à décembre, dépasser 5 milliards suppose au moins 250 millions de dollars par mois, contre près de 500 millions en moyenne depuis janvier. Ou bien la prévision est très prudente, ou bien les deux chiffres ne reposent pas sur le même périmètre.

Les produits vendus rendent la lecture plus délicate encore. Dans son rapport d’automne 2024, la Banque mondiale relevait que huit produits, soit les engrais azotés, l’ammoniac, les produits sidérurgiques, l’hydrogène, le ciment, le phosphate, le sucre et les dattes, représentaient 88 % des exportations hors hydrocarbures de 2023. Seuls le sucre et les dattes y relèvent de l’alimentaire.

Pour élargir cette base, le ministère compte sur les accords de libre-échange, dont la ZLECAf, qui promettent des droits de douane quasi nuls. Mais ils exigent un taux d’intégration locale minimal, et M. Moussaoui admet que « le défi est de développer les matières premières », car certains produits restent tributaires d’intrants importés et le coût du fret pèse sur les prix.

Quant à l’accompagnement des exportateurs, il passe par la prise en charge d’une partie des frais de déplacement et de participation aux foires à l’étranger, par le règlement des arriérés du fonds de soutien, qu’il dit en cours cette année, et par l’Organisme algérien des exportations. Un autre directeur central du ministère, Abdelatif El Houari, en avait annoncé en avril la prochaine mise en service, pour aider les entreprises à se placer sur les marchés étrangers par des études et par l’orientation des opérateurs. Le ministère prépare aussi son programme officiel de participation aux foires internationales pour 2027, après la mission en Mauritanie et avant la foire de Dakar, où l’Algérie sera invitée d’honneur dans les prochains jours.

Quant à l’objectif de 29 milliards de dollars fixé pour 2030, il suppose de multiplier par près de six, en quatre ans, le niveau attendu à la fin de 2026.

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