IFSA Africa 2026 : comment les industriels algériens se transforment de l’intérieur pour exporter

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IFSA AFRICA 2026, Tunisie. ©Lynda Abbou/ Maghreb Emergent

Si les contrats discutés lors des salons professionnels constituent souvent la partie visible de l’activité exportatrice, les entreprises algériennes présentes au Salon International de l’Industrie Agroalimentaire pour l’Afrique ( IFSA Africa 2026), à Tunis entre le 9 et le 11 juin 2026, mettent surtout en avant un travail de fond engagé depuis plusieurs années pour adapter leurs produits aux exigences des marchés internationaux.

Qu’il s’agisse du Groupe Industriel Goumidi (GIG), de la Grande Vinaigrerie Constantinoise (GVC) ou encore de la marque El Mordjene, fabriquée par l’entreprise algérienne SARL CEBON, tous les industriels interrogés par Maghreb Emergent, en marge de ce salon qui s’est cloturé jeudi dernier, convergent vers le même constat : exporter ne consiste plus seulement à trouver des clients, mais à transformer en profondeur l’organisation de l’entreprise.

Pour le Groupe Industriel Goumidi, spécialisé dans les produits laitiers, l’heure est à la préparation. « L’exportation c’est une belle occasion festive, il faut se préparer sur tous les plans comme on se prépare pour une fête, côté marketing, commercial mais surtout production », explique Bourouhan Abdelaziz, cadre commercial du groupe.

L’entreprise, engagée dans une rénovation complète de son usine, affirme développer continuellement de nouveaux produits afin de répondre aux exigences nationales et internationales.

La même logique prévaut à la Grande Vinaigrerie Constantinoise. Présente sur plusieurs marchés étrangers depuis plusieurs années, l’entreprise exporte déjà vers la France, la Belgique, l’Espagne, la Tunisie, la Libye et le Sénégal.

Son PDG, Tarek Boulmerka, explique que l’adaptation aux marchés internationaux passe désormais par l’innovation. « Les nouvelles technologies et les outils d’intelligence artificielle permettent d’améliorer, d’innover et d’adapter la production aux standards internationaux », souligne-t-il.

L’Afrique parmi les priorités

Pour plusieurs entreprises présentes à Tunis, le continent africain apparaît comme l’un des principaux relais de croissance.

Le Groupe Goumidi affirme privilégier dans un premier temps les marchés de proximité. « La priorité est bien sûr aux voisins. Nous avons d’ailleurs été sollicités par la Tunisie et la Libye », indique Bourouhan Abdelaziz, ajoutant que des discussions avancées sont également en cours avec le Sénégal et entre autres le Yémen .

De son côté, la Grande Vinaigrerie Constantinoise entend profiter des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour renforcer sa présence sur le continent.

Une montée en gamme devenue incontournable

L’expérience d’El Mordjene illustre également cette évolution. Longtemps tournée vers le marché national, l’entreprise a vu son développement international s’accélérer après le succès médiatique de sa pâte à tartiner en 2024.

Cette ouverture a cependant mis en évidence la complexité du commerce international.« L’exportation ne repose pas uniquement sur la qualité du produit, mais aussi sur la capacité à répondre à l’ensemble des exigences administratives et techniques des marchés ciblés », explique Amine Ouzlifi, responsable du service exportation à CEBON.

Obtention de certifications, adaptation des emballages et conformité réglementaire sont désormais devenues des conditions indispensables pour accéder aux marchés étrangers.

Au-delà des contrats discutés à Tunis, les témoignages recueillis montrent ainsi que la compétitivité internationale des entreprises algériennes repose aujourd’hui sur un processus plus large de modernisation, d’innovation et de montée en gamme.

De notre envoyée en Tunisie

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