Le journaliste marocain en exil Omar Radi de nouveau ciblé par un logiciel espion mercenaire

Même depuis son exil en Allemagne, où il a obtenu le statut de réfugié politique après sa sortie de prison, la traque numérique continue de peser sur le journaliste d’investigation marocain Omar Radi. L'ancien détenu politique marocain a reçu, jeudi 29 octobre, une alerte de sécurité directement transmise par Apple sur son iPhone.

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Même dans son exil, Omar Radi fait l'objet d'une traque numérique (DR)
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Le message indique explicitement qu’une attaque ciblée menée au moyen d’un logiciel espion mercenaire a été détectée sur son appareil, Apple précisant que cette tentative vise spécifiquement l’intéressé en raison directe de son identité et de ses activités journalistiques.

L’information a été relayée sur les réseaux sociaux par le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, spécialiste reconnu de la région du Maghreb, qui a été, lui-même, l’une des toutes premières victimes documentées du logiciel espion israélien Pegasus en Europe. 

Visé par des cyber-infiltrations de son propre téléphone et ayant fait l’objet de procédures judiciaires intentées par Rabat en Espagne (avant que la justice espagnole ne déboute le royaume), le journaliste espagnol suit de très près cette persécution numérique. 

Un constat s’impose : l’alerte reçue par Omar Radi montre que l’obtention de la protection internationale sur le sol européen ne suffit pas à prémunir le journaliste marocain contre ces pressions transfrontalières.

Le dur parcours d’un journaliste indépendant

Cette nouvelle tentative d’intrusion ravive le souvenir du parcours tumultueux d’Omar Radi, qui fut, lui aussi, l’une des premières victimes historiques du scandale Pegasus. Dès 2017 et tout au long de l’année 2019, ses communications avaient fait l’objet d’infiltrations au moyen du programme développé par l’entreprise israélienne NSO Group. 

Ces révélations, apportées par Amnesty International et le consortium Forbidden Stories, avaient mis en lumière l’utilisation de techniques d’injection réseau conçues pour prendre le contrôle à distance de son téléphone. Peu de temps après ces révélations, le journaliste avait été arrêté au Maroc en juillet 2020 puis condamné à quatre ans de prison sous des motifs fabriqués de toutes pièces et vivement contestés par les organisations de défense des droits humains, avant de retrouver la liberté et d’être contraint de quitter son pays pour l’Europe.

L’envoi de cette notification découle de la politique globale d’Apple, qui déploie régulièrement des alertes de sécurité à l’attention de diplomates, d’opposants et de journalistes à travers le monde. D’autres figures publiques et médias d’investigation, des membres du Parlement européen à des journalistes de la chaîne Al Jazeera, en passant par des députés de l’opposition en Inde ou des militants en Serbie, ont publiquement fait part de messages similaires reçus de la part du constructeur américain.

Bien qu’Apple se refuse à nommer publiquement les commanditaires ou la signature exacte des logiciels utilisés par mesure de confidentialité, ces alertes récurrentes rappellent que le recours à des cyber-outils de pointe, réservé à des entités étatiques ou hautement financées, continue de faire des smartphones des journalistes d’investigation et des militants des cibles permanentes, y compris lorsqu’ils bénéficient de l’asile politique à l’étranger.

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