Ce 48e vendredi de la « Silmya » à Alger a vu un début de manifestation très tendu. Déjà, vers 11h, plusieurs manifestants, qui ont l’habitude de défiler dans la rue Didouche Mourad avant la prière du vendredi, ont été pourchassés par les forces de l’ordre et plusieurs d’entre eux ont été interpellés.
Rue Didouche Mourad, A 13h25, alors que des centaines de personnes attendent la fin de la prière pour lancer le départ du 48ème vendredi de protestation anti-pouvoir, des policiers ont interpellé un couple, puis ils l’ont relâché 5 minutes plus tard, sous la pression des manifestants.Le coup d’envoie de ce 48ème vendredi a été lancé à partir de la rue Victor Hugo, juste à la sortie de la mosquée Elrrahma. « Allahou Akbar Didouche Mourad », scandent les manifestants, en hommage au martyr de la guerre de la guerre d’indépendance, , a l’occasion du 65ème anniversaire de sa mort (18 janvier 1956).« Nkemlouha ghir besselmya we nehou el3asker men Elmouradia » (on continue pacifiquement et on chasse les militaires de la présidence). Une foule énorme descend la rue Didouche Mourad vers la Grande Poste. « Chyatin Elissaba, Heggarin Étalaba » ont scandé les manifestants contre les policiers qui ont réprimé la marche des étudiants, mardi passé.14h20, à la rue Hassiba Benbouali. Une déferlante humaine est venue de Belcourt. Sur les visages de « s’hab 1er mai » (appellation qui désigne le lieu de départ de la marche à partir d’Alger Est), on percevait de la détermination mais aussi de la colère. Le premier slogan qu’on a entendu était « sem3ou y’a Nass Abane khella wssaya, daoula madania machi Askarya » (écoutez, Abane Ramdane a laissé un conseil, un état civil et non militaire ».14h45, Rue Zighout Youcef, depuis des mois, les manifestants qui arrivent de Bab Eloued sont très attendus. Cette marche énorme est devenue un symbole et un indicateur sur l’ampleur de la mobilisation. « Kolna Elissaba trouh, koulna Elissaba trouh, y’a hna y’a ntouma » (on a dit le gang part, c’est soit nous soit vous). Un slogan longuement scandé par les marcheurs de Bab El Oued.La foule venant de Bab El Oued continue son chemin vers la Grande Poste en passant par la rue Asselah Houcine. Les meilleures images du Hirak algérois sont prise à partir de la rampe au-dessus de la même rue. Mais depuis 2 semaines, les forces de l’ordre empêchent les curieux, les journalistes et les photographes de prendre des photos d’en haut. Ils leur laissent juste environ 10 mètres d’espace.Toujours à la rue Asselah Houcine, les espaces se rétrécissent depuis deux semaines. Une vingtaine de fourgons bleus de la police sont garrés des deux côtés de la rue.Réduire les espaces de manifestation avec des camions et fourgons de police est devenu une technique de confinement pour les forces de l’ordre. Même l’axe Asselah Houcine-Zighout Youcef- Mouhamed Khemisti est occupé par près d’une centaine de fourgons.
Le carré de CNLD (collector natioanl pour la libération des détenus) a appelé, au cours de ce 48ème vendredi, la justice à ouvrir les dossiers et programmer le jugement des jeunes arrêtés lors des manifestations du 1er mars 2019 à Elmouradia.
L’ancien détenu du Hirak et le militant Messaoud Leftissi est devenu une icône du Hirak. Avec ses pancartes marquantes, il attirent beaucoup de manifestants autour de lui.
Fac centrale à 15h45. Malgré l’interdiction de son port par les forces de l’ordre, le drapeau amazigh est largement brandi lors de ce 48ème vendredi à Alger.A 17h20, un déploiement remarquable des forces de l’ordre a été constaté à la rue Didouche Mourad. La manifestation a été dispersée, des militants ont été interpellés, dont ceux de l’association RAJ. Quelques-uns ont été relâchés plus tard.
Cette journée du 48ème vendredi de la Silmya a connu l’une des manifestations les plus tendues depuis des mois à Alger. Et ce a cause des interpellations des militants du Hirak. Malgré cela, les manifestants n’ont pas répondu à la provocation, considérant le pacifisme comme l’unique arme de la révolution pour un changement démocratique en Algérie.