Après des semaines de surchauffe sur les étals, les consommateurs algériens respirent enfin. Le prix de la salade, qui avait atteint des sommets vertigineux durant le mois de Ramadhan et les célébrations de l’Aïd El Fitr, entame une normalisation attendue. Cette semaine, les mercuriales affichent une tendance baissière marquée, signalant la fin d’une période de tension inflationniste sur les produits frais.
Une chute spectaculaire des prix sur les étals
Actuellement, le kilogramme de salade s’échange entre 90 et 120 dinars sur les marchés de détail. Pour comprendre l’ampleur de cette décrue, il faut comparer ces chiffres à ceux de la veille de l’Aïd. À cette période, les prix flirtaient avec les 270 dinars. En l’espace de quelques jours, le tarif a chuté de 120 à 150 dinars, ce qui représente une baisse massive située entre 55 % et 60 %.
Cette correction brutale du marché s’explique principalement par des facteurs saisonniers et comportementaux. Un commerçant de fruits et légumes établi dans la région de Bouira confirme cette tendance. Selon lui, le recul immédiat de la demande après les festivités a mécaniquement fait baisser les prix. « La période de forte demande est terminée. Les prix vont, alors, revenir à la normale », affirme-t-il avec optimisme.
Le secteur prévoit une accalmie durable. Ce professionnel du marché de Bouira estime que l’ensemble des fruits et légumes suivra cette trajectoire descendante. Il prévoit un retour aux niveaux habituels dès le début du mois d’avril. Cette stabilisation est essentielle pour le pouvoir d’achat des ménages, durement éprouvé par les dépenses liées au mois sacré.
Toutefois, au-delà de la saisonnalité, des changements structurels influencent le marché de la salade en Algérie. Interrogé sur les raisons de la volatilité des prix ces derniers mois, notre interlocuteur souligne une mutation profonde du mode de consommation des Algériens.
Une transition alimentaire vers le “frais”
Le comportement alimentaire national évolue de manière significative. « On assiste à une orientation de la consommation vers les légumes frais », explique le commerçant. Les citoyens délaissent progressivement les produits de conserve et les sucreries au profit de produits naturels. Cette prise de conscience repose sur une conviction forte : les légumes frais sont indispensables à une bonne santé.
Cette évolution des mentalités s’explique par la convergence de plusieurs facteurs d’influence. D’une part, les campagnes de sensibilisation intensives menées par les médias nationaux portent leurs fruits en éduquant massivement la population. D’autre part, l’action sur le terrain des associations de protection des consommateurs renforce cette dynamique de changement. Enfin, la multiplication des recommandations médicales mettant en avant les bienfaits essentiels des fibres et des vitamines finit de convaincre les ménages d’adopter un régime plus sain.
Cependant, ce changement de paradigme crée un défi logistique. Si la demande pour la salade augmente structurellement, la production nationale n’est pas toujours suivie par une hausse proportionnelle des récoltes, ce qui se répercute inévitablement sur les prix lors des pics de consommation.


