Le marché noir des changes en Algérie traverse une période de stabilité inhabituelle. Ce samedi 2 mai 2026, le taux de change de l’euro face au dinar algérien (DZD) demeure inchangé. Les cambistes des principales places financières parallèles, notamment au Square Port-Saïd, rapportent une stagnation des valeurs.
Actuellement, la monnaie unique européenne conserve ses niveaux de la fin de semaine dernière. Le billet de 100 euros s’échange toujours à 28 000 dinars à la vente. À l’achat, les revendeurs proposent un tarif de 27 700 dinars. Ces chiffres sont strictement identiques à ceux enregistrés jeudi dernier. Cette absence de fluctuation marque un coup d’arrêt après les cycles de volatilité observés en début d’année.
Un équilibre fragile entre l’offre et la demande
Cette stabilité prolongée s’explique principalement par un équilibre mécanique entre l’offre et la demande sur le marché noir. En effet, le flux de devises en circulation suffit à couvrir les besoins actuels des opérateurs. Contrairement aux prévisions saisonnières, aucun déséquilibre majeur ne vient perturber la balance des échanges.
Par ailleurs, le contexte géopolitique joue un rôle déterminant dans cette accalmie. La persistance des tensions au Proche-Orient réduit considérablement la pression sur la demande en devises étrangères. Les opérateurs économiques et les particuliers font preuve de prudence face aux risques d’une nouvelle dégradation de la situation dans cette région sensible. Cette incertitude freine les projets de voyage ou d’investissement, limitant ainsi le recours à l’euro.
Une exception saisonnière frappante
Historiquement, le marché noir connaît une effervescence particulière durant cette période. Un opérateur local du marché rappelle que la demande pour l’euro explose habituellement entre les deux fêtes religieuses, l’Aïd el-Fitr et l’Aïd el-Adha (Aïd el-Kebir). Les préparatifs des vacances d’été et les besoins liés aux importations informelles dopent normalement les volumes.
Pourtant, cette année constitue une exception notable. La stagnation actuelle, voire de légers reculs par moments, dément les tendances cycliques habituelles. Le marché semble suspendu à l’évolution de la situation internationale. En conséquence, les prix restent figés, au grand dam des spéculateurs qui espéraient une hausse saisonnière.
Le calme plat devrait régner encore quelques jours sur le secteur informel. Tant que les contraintes géopolitiques pèsent sur le moral des ménages et des commerçants, le dinar devrait maintenir sa position face à l’euro sur le marché noir. Les observateurs scrutent désormais les prochains indicateurs économiques pour anticiper la fin de ce cycle de stagnation.


