Maroc : croissance sans emplois, le diagnostic critique de la Banque mondiale

Mecipsa Amokrane
2 min de lecture
Le Maroc et la Banque mondiale

La Banque mondiale alerte sur l’incapacité du Maroc à générer suffisamment d’emplois malgré deux décennies de progrès économiques. Dans deux rapports publiés le 28 avril, l’institution souligne un décalage croissant entre croissance et création d’emplois, pointant un modèle économique peu productif et des faiblesses structurelles persistantes.

Le taux d’activité a fortement reculé, atteignant 43,5 % en 2024, soit une baisse de dix points depuis 1999. Dans le même temps, le déficit annuel de création d’emplois s’est aggravé, passant de 138 000 dans les années 2000 à 370 000 sur la période 2020-2024. En cause : des chocs externes successifs (sécheresse, pandémie, tensions géopolitiques), mais aussi un manque d’investissement privé et une présence jugée excessive de l’État.

Les zones rurales ont été particulièrement touchées, avec plus d’un million d’emplois perdus depuis 2015 en raison des sécheresses. Le chômage des jeunes diplômés progresse, tandis que la participation des femmes au marché du travail recule à 19 %, loin des objectifs gouvernementaux.

Ce diagnostic contraste avec le discours officiel. Le gouvernement met en avant les investissements publics et les performances sectorielles, mais reste discret sur l’emploi. Les objectifs annoncés en 2021, notamment la création d’un million d’emplois, apparaissent désormais hors de portée dans un contexte économique défavorable.

À l’approche des prochaines élections, ces conclusions fragilisent la communication gouvernementale et relancent le débat sur les priorités économiques du pays, entre attractivité internationale et impact social intérieur.

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