Mauritanie : pourquoi les étudiants désertent les amphithéâtres

La hausse des tarifs du transport universitaire et les difficultés liées aux bourses et au logement ont provoqué une mobilisation étudiante à Nouakchott. Les manifestations ont été dispersées par la police, tandis que les autorités défendent une réorganisation du réseau de bus.

Mecipsa Amokrane
4 min de lecture
Les étudiants de l’Université de Nouakchott ont boycotté les cours mardi 27 octobre pour protester contre la hausse du prix du transport universitaire (DR)
Ajoutez Maghreb Émergent sur Google pour trouver du contenu similaire

Les étudiants de l’Université de Nouakchott ont boycotté les cours mardi 27 octobre pour protester contre la hausse du prix du transport universitaire et réclamer une amélioration de leurs conditions de vie et d’études. Selon des sources médiatiques, le campus de l’Université Al Aasriya, le principal établissement universitaire du pays, était presque désert après cette mobilisation.

Au cœur de la contestation figure l’augmentation du tarif du transport universitaire subventionné, passé, selon des étudiants interrogés par des médias, de 5 à 30 ouguiyas. Les protestataires dénoncent cette hausse alors que l’offre de bus reste insuffisante et que les temps d’attente compliquent leurs déplacements vers le campus.

La mobilisation s’est intensifiée au cours des derniers jours. Depuis le 23 octobre, le Front étudiant pour la défense des acquis, qui rassemble quatre organisations syndicales, appelle à des grèves, des sit-in et des marches afin d’obtenir des réponses du ministère de l’Enseignement supérieur.

Une contestation qui dépasse le transport

Les revendications des étudiants portent également sur les bourses, le logement universitaire et les conditions générales d’études. Plusieurs étudiants affirment avoir perdu leur aide financière ou leur place en résidence universitaire, tandis que les capacités d’accueil sont jugées insuffisantes pour répondre aux besoins des effectifs.

Dans un reportage diffusé le 24 octobre par Radio France internationale (RFI), des étudiants ont notamment dénoncé le manque de logements, les difficultés d’accès aux bourses et la saturation du transport. Ils réclament une rencontre directe avec le ministre de l’Enseignement supérieur afin de discuter de leurs revendications.

La mobilisation a également été marquée par des interventions policières. Lundi 26 octobre, les forces de l’ordre ont dispersé un rassemblement sur le campus et dans ses environs, en faisant usage de matraques et de gaz lacrymogènes, selon des médias mauritaniens.

Le gouvernement défend une réorganisation du réseau

Face aux protestations, le ministère de l’Enseignement supérieur justifie les changements apportés au transport universitaire par l’augmentation continue du nombre d’étudiants et la pression exercée sur les capacités disponibles.

Dans un communiqué rapporté par le média mauritanien Madar, le ministère a annoncé le prolongement de lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) jusqu’au complexe universitaire, ainsi qu’un renforcement des rotations aux heures de pointe. La réorganisation prévoit également la suppression de plusieurs arrêts du réseau traditionnel desservant le campus, à compter du 26 octobre.

Le dispositif annoncé comprend un abonnement mensuel à tarif réduit de 5 000 anciennes ouguiyas, soit 500 ouguiyas nouvelles. Les étudiants qui ne disposent pas de cet abonnement doivent payer le tarif social applicable aux autres usagers. Par ailleurs, le ministère avait annoncé la gratuité du transport public urbain pour 9 926 étudiants inscrits au registre social de TAAZOUR, selon un communiqué du 15 octobre rapporté par Madar.

Ces mesures n’ont toutefois pas mis fin à la contestation. Les représentants étudiants estiment que les réponses apportées restent insuffisantes au regard de l’ensemble des difficultés rencontrées dans les établissements universitaires.

La poursuite du mouvement dépendra notamment de la capacité des autorités à répondre aux revendications relatives au transport, aux aides sociales et au logement. Les organisations étudiantes demandent des mesures concrètes et un dialogue direct avec le ministère.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article