Le Kenya cherche à profiter de la forte demande en moutons liée à l’Aïd al-Adha. Nairobi discute actuellement avec Alger pour exporter des animaux avant la fête du sacrifice, prévue fin mai 2026, avec l’ambition d’ouvrir un débouché durable pour ses éleveurs.
L’Algérie prépare activement l’Aïd al-Adha 2026. Dans ce cadre, les autorités envisagent d’importerjusqu’à un million de moutons afin de répondre à la demande locale lors de la fête du sacrifice. Cette initiative s’inscrit dans un programme d’approvisionnement destiné à stabiliser le marché. En effet, la demande de moutons augmente fortement chaque année à l’approche de l’Aïd.
Par ailleurs, l’Algérie ne se limite pas au Kenya. Des négociations sont également en cours avec la Mauritanie pour importer des animaux dans le cadre du même programme.
Nairobi veut saisir une opportunité commerciale
Le 6 mars, le ministère kényan de l’Agriculture a confirmé avoir entamé des discussions avec les autorités algériennes afin d’accélérer les exportations de bétail.
Le ministre de l’Agriculture, Mutahi Kagwe, a expliqué que Nairobi souhaite profiter du programme d’importation lancé par Alger. Selon lui, la fourniture de moutons au marché algérien pourrait représenter une opportunité majeure pour les éleveurs et les négociants kényans.
En outre, les autorités estiment que cet accord pourrait générer plusieurs milliards de shillings kényans par an en recettes d’exportation si les flux commerciaux deviennent réguliers.
Diversifier les marchés d’exportation
Le Kenya cherche également à diversifier ses débouchés. Aujourd’hui, ses exportations de moutons et de chèvres restent concentrées sur quelques marchés.
Les données de la plateforme Trade Map montrent que le pays a exporté environ 2 millions de dollars de moutons et de chèvres en 2024. Ces ventes ont été destinées presque exclusivement à Oman et à la Tanzanie. L’Algérie pourrait donc devenir un nouveau partenaire stratégique. En effet, l’Algérie a importé près de 7,8 millions de dollars de moutons et de chèvres en 2024.
Un cheptel important au Kenya
Le potentiel d’exportation du Kenya repose sur un cheptel important. Selon le Bureau national des statistiques du Kenya, le pays comptait environ 26,2 millions de moutons et 38,4 millions de chèvres en 2024.
Grâce à ces volumes, Nairobi espère répondre à la demande internationale croissante. L’accès au marché algérien constituerait ainsi une étape importante pour renforcer les exportations de moutons et développer le secteur de l’élevage. À terme, si les discussions aboutissent, l’Algérie pourrait devenir un client régulier des moutons kényans, notamment lors des périodes de forte consommation comme l’Aïd al-Adha.
















