Pétrole : le Brent frôle les 96 dollars, suspendu à un possible retour à la table d’Islamabad

2 min de lecture
Les négociations d'Islamabad entre Washington et Téhéran ont échoué après 21 heures de pourparlers. Un second round est attendu avant le 21 avril. (Illustration)

Vingt et une heures de négociations, aucun accord, un blocus naval annoncé dans la foulée, et pourtant le baril monte. Ce mercredi 15 avril, le Brent s’affichait à 95,24 dollars, en hausse de 0,47 %, le WTI à 91,34 dollars. Les marchés pétroliers ont cette faculté singulière de préférer l’espoir aux faits : ce qui soutient les cours depuis lundi, ce n’est pas ce qui s’est passé à Islamabad le week-end dernier, c’est ce qui pourrait s’y passer avant le 21 avril.

Les pourparlers entre Washington et Téhéran, qui ont duré 21 heures dans la capitale pakistanaise les 11 et 12 avril, n’ont pas abouti à un accord. Le vice-président américain JD Vance a quitté Islamabad en indiquant que la délégation iranienne n’était pas en mesure de “conclure un accord” sur place et avait dû retourner à Téhéran pour obtenir des arbitrages. Résultat immédiat, Washington a annoncé un blocus naval des ports iraniens, ajoutant une couche de pression sur un détroit d’Hormuz déjà sous tension.

Un deuxième round avant le 21 avril

Trump a déclaré qu’un second round de pourparlers pourrait intervenir “dans les prochains jours”, toujours à Islamabad, avec une fenêtre contrainte par l’expiration du cessez-le-feu le 21 avril. Selon deux sources proches des négociations citées par NBC News, les principaux points de blocage restent l’ouverture du détroit d’Hormuz et les capacités nucléaires iraniennes, Washington ayant demandé une suspension de l’enrichissement d’uranium pendant vingt ans, contre une offre iranienne de trois à cinq ans.

C’est cette perspective d’une reprise rapide du dialogue qui soutient les cours depuis lundi. Le mécanisme est bien connu des opérateurs : toute avancée susceptible de lever, même partiellement, les restrictions à l’exportation du brut iranien pèse mécaniquement sur les prix. L’Iran produisait, avant les dernières phases de tensions, quelque 3,2 millions de barils par jour. Une normalisation partielle représenterait un apport non négligeable à une offre mondiale déjà fragilisée par la prudence de l’OPEP+.

Partager cet article