Brent à 101 $ : le blocus américain relance la crise

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Un destroyer de la marine américaine en patrouille dans le Golfe, le 18 mars 2026. © US Navy / Reuters

Les marchés pétroliers ont effacé en quelques heures les gains de la trêve. Les prix du pétrole ont rebondi au-dessus de 100 dollars le baril lundi, la marine américaine se préparant à mettre en œuvre un blocus du détroit d’Hormuz après l’échec, samedi, des premières négociations entre Washington et Téhéran depuis l’annonce du cessez-le-feu de deux semaines.

À 8h39 ce lundi, le Brent s’affichait à 101,85 dollars, en progression de 6,99 %, tandis que le WTI bondissait de 7,46 % à 103,77 dollars. En une séance, le brut de mer du Nord retrouvait ses niveaux d’avant la trêve annoncée le 8 avril, effaçant le rebond technique de vendredi qui avait momentanément ramené le baril sous les 97 dollars.

La mécanique du rebond

L’annonce inattendue du blocus américain, couplée à l’échec des négociations à Islamabad durant le week-end, a déclenché une nouvelle vague d’inquiétudes pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures du Golfe. Le Centcom a précisé que ce blocus serait appliqué “impartialement contre les navires de toutes les nations” entrant ou quittant les ports iraniens, tout en garantissant la liberté de navigation pour les bateaux en provenance et à destination de ports non-iraniens.

Saul Kavonic, responsable de la recherche chez MST Marquee, résume la situation : “Le marché est désormais largement revenu à ses conditions d’avant le cessez-le-feu, sauf que les États-Unis bloqueront désormais également les flux restants, jusqu’à 2 millions de barils par jour, liés à l’Iran et transitant par le détroit d’Hormuz.”

Une semaine de montagnes russes

La volatilité de la semaine écoulée illustre l’extrême sensibilité des marchés à chaque inflexion diplomatique. Les cours avaient plongé de plus de 15 % mercredi dernier après l’annonce du cessez-le-feu, effaçant en une séance la prime de guerre accumulée au-dessus des 110 dollars. Vendredi, le Brent progressait encore modestement à 96,83 dollars, les investisseurs évaluant les risques persistants avant les négociations du week-end au Pakistan. Ce répit aura été de courte durée.

Selon Lloyd’s List Intelligence, les passages à travers le détroit d’Ormuz étaient déjà en baisse de 90 % sur la semaine écoulée par rapport à la normale. Un chiffre qui fait écho à ce que nos propres données documentaient dès le 19 mars : 138 transits quotidiens avant le 28 février, cinq depuis. Le détroit concentre ordinairement un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, avec 84 % des expéditions destinées aux marchés asiatiques, la Chine recevant seule environ un tiers de son pétrole par cette route.

La diplomatie dans l’impasse

Donald Trump a imputé l’échec des pourparlers au refus de l’Iran de renoncer à ses ambitions nucléaires. “S’ils ne reviennent pas, ça me va très bien”, a déclaré le président américain à son retour de Floride. Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a attribué l’échec au “jusqu’au-boutisme américain”, tandis que son porte-parole évoquait “une atmosphère de suspicion et de méfiance”.

Trump a par ailleurs reconnu dimanche que les prix du pétrole et de l’essence pourraient rester élevés jusqu’aux élections américaines de mi-mandat de novembre. Un aveu qui souligne la dimension politique, autant qu’économique, d’une crise dont l’économiste Abdelrahmi Bessaha avait cartographié les effets sur les finances algériennes dès le début du conflit.

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