Politique publique : le gouvernement examine un projet de cartographie sociale

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Le gouvernement a annoncé, lors de sa dernière réunion, l’examen d’un plan opérationnel dédié à la mise en œuvre d’une cartographie sociale de l’Algérie.

Le communiqué du Conseil du gouvernement indique qu’une communication relative au « plan opérationnel dédié à la mise en œuvre de la cartographie sociale de l’Algérie » a été examinée. Ce plan s’appuie sur « une approche organisée et évaluée par des indicateurs et des indices couvrant la dimension humaine et les réalités géographiques des territoires », ajoute le document.

L’objectif assigné à cette cartographie est de « mieux évaluer les besoins socioéconomiques des régions, d’améliorer le ciblage et la hiérarchisation des politiques publiques et de garantir une répartition plus équitable des ressources disponibles », selon le gouvernement.

Cette annonce s’inscrit dans les orientations des institutions internationales, qui incitent les gouvernements à mieux définir les besoins sociaux des populations, afin d’améliorer la gouvernance territoriale.

Une approche déjà expérimentée ailleurs

Cette démarche n’est pas sans précédent. Dans plusieurs pays en développement, des cartographies sociales et des systèmes de ciblage fondés sur des indicateurs ont été mis en place pour mieux orienter les politiques sociales et les investissements. Au Maroc, par exemple, le système de ciblage des ménages (FAM) permet d’attribuer un score de vulnérabilité aux familles, utilisé pour distribuer des bourses scolaires, des aides médicales et des programmes de protection sociale. La Tunisie, de son côté, a élaboré des cartes de vulnérabilité socio-économique des wilayas, croisant niveaux de revenu, chômage, accès aux services de base et conditions d’habitat, afin de guider les fonds de développement régional.

Au Brésil, le CadÚnico (cadastre unique des ménages) joue un rôle central dans la lutte contre la pauvreté : cette base de données nationale recensant les ménages les plus démunis sert de support à la cartographie de la pauvreté et à la gestion des programmes de transferts monétaires comme Bolsa Família. En Europe, plusieurs pays utilisent des cartographies de vulnérabilité sociale et environnementale pour anticiper l’impact du changement climatique sur les populations fragiles et orienter les investissements en santé, logement et transports. Dans tous ces cas, la combinaison de données socio-économiques, de géolocalisation et d’indicateurs de vulnérabilité est au cœur de la décision publique.

Les enjeux majeurs pour la réussite du projet

La réussite de cette cartographie sociale dépendra de plusieurs facteurs. En premier lieu, la qualité et l’exhaustivité des données de base. Selon la Banque mondiale, la qualité des statistiques en Algérie reste perfectible, avec des lacunes dans la couverture des enquêtes et des disparités entre zones urbaines et rurales. Une cartographie sophistiquée alimentée par des données incomplètes risque de masquer ou de déformer les inégalités territoriales plutôt que de les révéler.

Par ailleurs, le lien entre la carte et la gouvernance locale sera décisif. Une cartographie peut être techniquement aboutie, mais si les communes et les wilayas ne disposent ni des moyens financiers, ni des capacités de planification, ni des prérogatives nécessaires, elle risque de rester un outil de diagnostic sans portée opérationnelle.

Ce projet de cartographie sociale peut donc être lu comme une ambition structurante : celle d’instituer un système de pilotage des politiques publiques davantage fondé sur les faits que sur les perceptions. Il s’inscrit dans une tendance internationale aux politiques publiques pilotées par la donnée.

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