La sécurité alimentaire et nutritionnelle mondiale demeure fragile. Les approvisionnements restent globalement suffisants, mais la hausse des coûts et les perturbations logistiques continuent de peser sur les prix. Parallèlement, la production des principales céréales devrait reculer dans plusieurs régions du monde.
Contrairement à la tendance mondiale, l’Afrique du Nord bénéficie de conditions climatiques favorables. Selon la Banque mondiale, des précipitations abondantes ont soutenu les rendements agricoles dans la région. La production céréalière algérienne a ainsi progressé pour atteindre environ 4,2 millions de tonnes.
La Tunisie enregistre elle aussi une récolte de blé supérieure à la moyenne, tandis qu’au Maroc, la moisson est en cours dans des conditions globalement favorables. Cette dynamique régionale positive tranche avec les difficultés observées ailleurs dans le monde, notamment en Asie du Sud et en Afrique australe.
Les prix des engrais sous forte pression
Les marchés mondiaux des engrais ont connu une tension marquée depuis le début de l’année. Sur les cinq premiers mois de 2026, leurs prix ont bondi de 35 % par rapport à la même période de l’année précédente. Un assouplissement s’est amorcé ces dernières semaines, sans toutefois ramener une stabilisation complète. Les effets de la baisse des applications d’engrais en début de saison ne se feront réellement sentir que plus tard, au moment des résultats de la récolte.
El Niño, une menace pour le riz asiatique et africain
Selon les projections disponibles, la probabilité que le phénomène météorologique El Niño se manifeste d’ici la mi-2026 et se prolonge jusqu’en 2027 se situe entre 61 et 87 %. Si ce scénario se confirme, la production de riz pourrait chuter de 20 à 50 % dans les zones les plus exposées. L’Asie du Sud, l’Afrique australe et certaines régions d’Asie de l’Est figurent en première ligne, ce qui aggraverait davantage la pression sur les marchés céréaliers.
Depuis la dernière mise à jour, les indices des prix agricoles, céréaliers et à l’exportation ont respectivement reculé de 6, 8 et 7 %. Cette baisse s’explique surtout par le repli des cours du maïs (-15 %) et du blé (-13 %). Le riz évolue en sens inverse, avec une clôture en hausse de 9 %.
Sur un an, le tableau reste contrasté : le maïs affiche un prix moyen en baisse de 1 %, tandis que le riz et le blé restent supérieurs de 1 et 8 % respectivement. Par rapport à janvier 2020, les trois céréales demeurent plus chères, de 6 % pour le maïs, 4 % pour le blé et 3 % pour le riz.
Une inflation alimentaire inégale selon les revenus
L’inflation des prix alimentaires domestiques est restée modérément élevée entre avril et mai 2026. Une légère détérioration a été observée dans les pays à faible revenu : la part de ces pays affichant une inflation alimentaire supérieure à 5 % est passée de 40 % à 45 %.
À l’inverse, la situation s’est améliorée dans les pays à revenu intermédiaire inférieur (de 40,8 % à 36,7 %), à revenu intermédiaire supérieur (de 34 % à 29,8 %) et à revenu élevé (de 6,8 % à 5,1 %).
Au niveau régional, les pressions inflationnistes se sont accentuées en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Asie du Sud. Elles se sont atténuées en Europe et en Asie centrale, tandis que l’Afrique conserve une situation hétérogène.
Selon les dernières données trimestrielles, les prix alimentaires réels ont dépassé l’inflation générale dans près de 14 % des 169 pays analysés, un phénomène particulièrement marqué dans les pays à revenu intermédiaire inférieur, où un pays sur six enregistre une inflation alimentaire réelle positive.


