Semences maraîchères en Algérie : les prix s’envolent, l’importation toujours dominante

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La production locale de semences constitue un enjeu pour réduire la dépendance de l’agriculture algérienne aux importations.

Les prix des fruits et légumes continuent de peser sur le budget des familles algériennes. Derrière les prix affichés sur les étals, une autre hausse concerne les agriculteurs. Celle des coûts des semences, des engrais et des produits phytosanitaires.

Le problème est particulièrement visible dans le maraîchage. Selon plusieurs travaux cités dans un rapport consacré aux semences et aux produits phytosanitaires, la production maraîchère algérienne reste fortement dépendante des semences importées. Les estimations disponibles parlent de plus de 80 %, et certaines études évoquent une dépendance proche de 95 % selon les périodes et les périmètres étudiés.

Cette dépendance expose directement les producteurs aux prix internationaux, aux coûts du transport et aux conditions d’importation. Elle peut aussi provoquer des difficultés lorsqu’une variété précise devient indisponible.

Plus de 80 % des semences maraîchères importées

La dépendance aux semences étrangères ne date pas de cette année. Elle concerne surtout les semences hybrides F1 utilisées pour plusieurs cultures maraîchères. Tomate, poivron, courgette, concombre, melon ou pastèque sont concernés. Ces semences sont recherchées pour leurs performances et leurs caractéristiques agronomiques. Mais elles doivent généralement être rachetées à chaque cycle pour conserver les mêmes caractéristiques.

Le rapport relève aussi une forte hausse des prix. Le cas de la courgette est particulièrement parlant. Dans une exploitation de Boufarik, le prix déclaré d’un sachet est passé de 3 000 à 10 000 DA en deux ans. Le producteur signale également des problèmes de germination sur certains lots, pouvant obliger à ressemer.

Ce que constate une commerçante sur le terrain

Les tensions sont également visibles chez les commerçants spécialisés. Une commerçante interrogée par Maghreb Émergent décrit notamment l’écart entre les prix des semences locales et importées. « Pour la pomme de terre Arizona de première catégorie, la semence locale est autour de 100 DA. Si elle est importée, elle peut atteindre 400 DA », explique-t-elle.

La commerçante évoque aussi la forte présence des semences importées dans son commerce. « La majorité des semences que nous proposons viennent de France », affirme-t-elle. Elle constate par ailleurs une hausse régulière des prix. « Les prix augmentent chaque année », souligne-t-elle, tout en faisant état de difficultés pour obtenir certaines références.

Selon son témoignage, les fournisseurs évoquent notamment les problèmes liés aux importations. « Certaines références ne sont plus disponibles comme avant », rapporte-t-elle. Cette réduction de l’offre intervient alors que la demande reste importante. « Quand l’offre diminue et que la demande augmente, les prix suivent », résume la commerçante.

Ces difficultés peuvent avoir des conséquences directes sur les producteurs. Le rapport fait notamment état de cas de faible germination sur certains lots, obligeant des agriculteurs à procéder à de nouveaux semis et à supporter des coûts supplémentaires.

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