Trump encercle le Venezuela : un retour décomplexé à l’impérialisme pétrolier ?

Trump encercle le Venezuela : un retour décomplexé à l’impérialisme pétrolier ?
Le pétrolier saisi la semaine dernière par les forces américaines, un acte de piraterie, selon Maduro (Capture d'écran)

Donald Trump a franchi un nouveau seuil dans sa politique agressive à l’égard du Venezuela en ordonnant un blocus maritime total. Dans le vieux style impérial, l’annonce s’accompagne du déploiement d’une armada américaine sans précédent dans les Caraïbes.

Le plus grand porte-avions du monde ainsi qu’une flotte de navires de guerre sont mobilisés pour saisir tout pétrolier lié à Caracas. Une démonstration de force qui rappelle les heures sombres de la diplomatie de la canonnière. Le but est clair : priver Caracas de sa principale source de revenus et contraindre le pays à revenir sur les nationalisations des actifs pétroliers décidées en 2007 par Hugo Chávez.

Les marchés en mode alerte

Trump, qui n’a aucune considération pour le droit international, a qualifié le gouvernement vénézuélien d’« organisation terroriste étrangère ». Il se donne ainsi un cadre juridique interne pour justifier une intervention militaire contre un État souverain.

Cette démonstration de force impériale a eu un impact immédiat sur les marchés. Le Brent a rebondi de près de 1,5 %, le WTI de 1,4 %, alors que les cours touchaient hier leur plus bas niveau depuis 2021. Les projections tablent, en cas de prolongation du blocus, sur une hausse comprise entre cinq et huit dollars par baril.

Autre facteur aggravant, l’incertitude persistante sur le front ukrainien. Pour l’heure, observent les spécialistes, le marché mondial reste bien approvisionné, mais ces crises alimentent une volatilité qui profite aux producteurs autant qu’elle les inquiète. Pour les pays de l’OPEP et pour l’Algérie, la situation ouvre une opportunité de revenus accrus, mais elle est aussi porteuse de menaces sur la stabilité globale des marchés et sur la crédibilité des mécanismes de régulation.

Les nationalisations de Mossadegh … à Boumediène

Au-delà des chiffres, le plus frappant dans l’évolution actuelle est le mépris total du droit international affiché par le président américain. En liant la levée du blocus à la restitution des actifs pétroliers nationalisés, Washington remet en cause le droit souverain des États à contrôler leurs ressources. Un précédent qui rappelle bien des épisodes historiques.

En 1953, le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh a été renversé lors d’un coup d’État orchestré par la CIA et le MI6, connu sous le nom d’Opération Ajax. Son crime : la nationalisation en 1951 de l’industrie pétrolière iranienne, jusque-là contrôlée par l’Anglo-Iranian Oil Company. En 1971, l’Algérie a fait face, dans de meilleures conditions, aux pressions françaises, à la suite de la décision de nationaliser prises par le président Boumediene. Des centaines de mises en garde ont été adressées par les compagnies françaises à leurs homologues occidentaux les avertissant que les pétrolières transportant des cargaisons d’Algérie pourraient être saisies. Mais, comme le rapporte un article du New York Times, cela n’a eu aucun impact : “Howard Boyd, président  d’El Paso Gas, a fait remarquer que le droit international reconnaissait le droit d’un pays de nationaliser ses ressources et que les menaces françaises étaient « manifestement » une manœuvre tactique visant à faire pression sur Alger.” On est loin de l’Amérique de Trump qui remet en cause ce droit pour le Vénézuéla.B Si la logique Trump s’impose, d’autres pays producteurs pourraient voir leurs nationalisations contestées par la force.

L’Opep fait profil bas

Le Venezuela, membre fondateur de l’OPEP, a appelé à une condamnation ferme, mais l’organisation évite de se prononcer. L’Iran soutient Caracas, tandis que les monarchies du Golfe, alliées stratégiques de Washington, évitent la confrontation directe. Certains membres voient même dans le retrait forcé du brut vénézuélien une opportunité de stabiliser les prix sans réduire leur propre production. Une illustration de la fragilité politique de l’organisation : l’OPEP est incapable de s’exprimer face à une agression contre l’un de ses piliers historiques.

Sommes-nous face au retour d’un impérialisme décomplexé ? Trump renoue en tout cas avec la « doctrine Monroe », perçue par les peuples d’Amérique latine comme un permis d’ingérence permanent qui transforme leur continent en une arrière-cour exploitée par Washington.

Le recours à l’armada, l’ultimatum sur les actifs et la fermeture unilatérale de l’espace aérien vénézuélien rappellent les méthodes du XIXe siècle. En brandissant son armada comme un huissier armé, Trump redéfinit, de nouveau, la propriété pétrolière en droit de conquête.

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