Afreximbank mobilise 200 millions de dollars pour un projet pétrolier de 980 millions en Algérie

Le développement du gisement de Hassi Bir Rekaiz franchit une nouvelle étape. Afreximbank a approuvé une facilité de financement de 200 millions de dollars pour soutenir l'exécution d'un contrat EPC de 980 millions de dollars, l'un des plus importants projets pétroliers en cours en Algérie. L'opération accompagnera la montée en puissance du champ, dont la production devrait être portée de 13 000 à 50 000-60 000 barils par jour.

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Afreximbank veut faire émerger des entreprises africaines capables de rivaliser avec les grands groupes internationaux sur le marché des infrastructures énergétiques.

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a annoncé l’octroi d’une facilité financière de 200 millions de dollars au groupe nigérian Shoreline Power Company Limited et à ses co-emprunteurs, dont Arkad SpA, entreprise italienne d’ingénierie et de construction majoritairement contrôlée par Shoreline.

Ce financement permettra à Arkad de mobiliser les garanties bancaires, les avances de trésorerie et les ressources nécessaires à l’exécution de sa quote-part de 44 % dans un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) de 980 millions de dollars, portant sur la phase 2a du développement du gisement de Hassi Bir Rekaiz (HBR), l’un des plus importants projets d’investissement actuellement menés dans le secteur pétrolier algérien.

Selon Afreximbank, le contrat a été attribué par le Groupement Hassi Bir Rekaiz (GHBR), présenté par la banque comme une coentreprise associant Sonatrach (Algérie), PTT Exploration and Production Public Company Limited (PTTEP) (Thaïlande) et CEPSA (Espagne), au consortium d’ingénierie formé par la société égyptienne Petrojet et l’italien Arkad, détenu majoritairement par le groupe nigérian Shoreline, chargé de réaliser les infrastructures de cette deuxième phase.

Hassi Bir Rekaiz, un projet appelé à changer d’échelle


Le financement annoncé intervient dans une nouvelle phase de développement d’un gisement dont l’histoire remonte à plus d’une décennie. Situé dans le bassin de Berkine, près de la frontière libyenne, Hassi Bir Rekaiz figure parmi les principaux projets pétroliers développés par Sonatrach en partenariat international.

Les campagnes d’exploration menées à partir de 2016 ont confirmé le potentiel commercial du gisement, ouvrant la voie à l’approbation du plan de développement et au lancement des travaux. Après plusieurs années d’investissements, le champ est entré en production commerciale en 2022, avec une capacité d’environ 13 000 barils par jour.


La phase 2a marque désormais un changement d’échelle industrielle. Elle prévoit la construction d’une nouvelle unité centrale de traitement, de nouvelles installations de collecte ainsi que des infrastructures associées destinées à accroître fortement les capacités du site.

Selon Afreximbank, ces nouveaux investissements devraient porter la production du champ à 50 000 à 60 000 barils par jour, soit près de quatre fois son niveau actuel. Une montée en puissance qui devrait contribuer à l’objectif de Sonatrach d’accroître sa production d’hydrocarbures, renforcer le potentiel exportateur de l’Algérie et générer d’importantes recettes en devises.


Les 200 millions financent le chantier, pas le gisement


Contrairement à ce que pourrait laisser penser le montant annoncé, les 200 millions de dollars ne financent pas directement le développement du gisement. Ils permettent au principal contractant EPC de mobiliser les garanties bancaires, les avances de trésorerie et les ressources nécessaires à l’exécution de sa part du contrat de 980 millions de dollars.

Dans le détail, 110 millions de dollars sont destinés au financement du chantier de Hassi Bir Rekaiz, notamment pour l’émission des garanties de bonne exécution, les garanties de remboursement des avances et les besoins en fonds de roulement d’Arkad.

Les 90 millions de dollars restants prennent la forme d’une facilité globale renouvelable destinée à accompagner Shoreline et ses filiales dans les appels d’offres, la construction et le développement d’autres projets de gazoducs et d’infrastructures énergétiques, principalement au Nigeria et dans les autres pays où le groupe est autorisé à intervenir.

Une vitrine de la stratégie industrielle d’Afreximbank


Au-delà du projet algérien, l’opération illustre la stratégie poursuivie par Afreximbank pour faire émerger des entreprises africaines capables de rivaliser avec les grands groupes internationaux sur le marché des infrastructures énergétiques. Le communiqué souligne que cette facilité doit permettre à Arkad et au groupe Shoreline de « se forger une réputation solide en tant qu’entrepreneur panafricain », tout en contribuant à « réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises de construction non africaines ».

La banque précise également que cette opération s’inscrit dans son initiative EPC, conçue pour fournir aux entreprises africaines les instruments financiers et techniques nécessaires afin de remporter et d’exécuter de grands contrats d’infrastructures sur le continent.

Selon la banque, le projet devrait générer près de 6 000 emplois et contribuer au développement de la chaîne d’approvisionnement régionale en Algérie. L’institution y voit également une concrétisation directe du processus d’accords et de jumelage EPC engagé lors de la 4ᵉ Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), organisée à Alger en septembre 2025, qui avait débouché sur la mise en relation d’Arkad et de Petrojet avant leur succès sur le projet Hassi Bir Rekaiz.

Une première entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Nord

Afreximbank souligne enfin le caractère inédit de cette transaction. Selon la banque, il s’agit de la première opération par laquelle elle accompagne une entreprise d’Afrique subsaharienne dans la réalisation d’un projet majeur d’infrastructure en Afrique du Nord.

Au-delà du financement du projet Hassi Bir Rekaiz, cette opération illustre la volonté d’Afreximbank de faire émerger de véritables champions africains de l’ingénierie. En apportant des financements directement aux entreprises chargées de réaliser les grands projets d’infrastructures, la banque entend renforcer les capacités industrielles du continent et favoriser une intégration économique plus poussée entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Nord.

Pour l’Algérie, cette opération témoigne également de l’attractivité de ses grands projets énergétiques auprès des bailleurs de fonds panafricains et de l’importance croissante des mécanismes de financement structurés dans le développement des infrastructures pétrolières.


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