Albares à Alger : le  gaz, “respirateur artificiel” d’une relation sous contrainte (presse espagnole)

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Albares à Alger 4 ans apr-s le "giro" sur le Sahara Occidental et la suspension du traité d'amitié par Alger.

Quatre ans après le froid diplomatique provoqué par le revirement de Madrid sur le Sahara occidental, la visite de José Manuel Albares à Alger, ce 26 mars 2026, ne marque pas une réconciliation pleine, mais un retour pragmatique au dialogue. La presse espagnole s’accorde sur l’importance de la rencontre, mais diverge sur le prix que l’Espagne paie pour ce dégel.

L’Algérie “dicte le tempo”

« L’Algérie reste un partenaire clé pour garantir l’approvisionnement gazier de l’Espagne, dans un contexte où la sécurité énergétique est prioritaire », écrit EFE. El Independiente, média libéral et critique, note que « l’Espagne cherche à consolider et à augmenter les flux via Medgaz afin de sécuriser ses approvisionnements. L’Espagne est aujourd’hui piégée par une infrastructure unique ; l’Algérie dicte le tempo ». Le journal insiste: avec la fermeture définitive du Gazoduc Maghreb–Europe côté algérien, Madrid n’a plus de plan B terrestre.

Même Castilla-La Mancha Media, média public régional, évoque « des incertitudes qui accélèrent les contacts avec Alger », montrant que le gaz est devenu un instrument de rapport de force stable mais asymétrique.

Une normalisation incomplète

Mais la reprise du dialogue n’est pas synonyme de normalisation complète. Infobae rappelle que « le ministre se rend à Alger alors que le traité d’amitié reste suspendu depuis la crise liée au Sahara occidental », et la chaine publique RTVE évoque, plus diplomatiquement, “une normalisation progressive après plusieurs mois de tensions”.

Même El País, quotidien de centre-gauche, nuance : « Le rétablissement complet des relations reste en suspens tant que le traité d’amitié demeure gelé ».

Le Sahara, plafond de verre

Le Sahara agit comme un plafond de verre : il n’empêche plus les contacts, mais limite leur portée. « Le gouvernement espagnol tente de reconstruire une relation stratégique avec l’Algérie sans renoncer à son rapprochement avec le Maroc », note El País.

À droite, ABC dénonce une « diplomatie de façade » : “Albares se rend à Alger avec le traité toujours suspendu, signe qu’Alger ne considère plus Madrid comme un partenaire fiable, mais comme un simple client”.

Pour Infobae et Mundiario, l’Espagne navigue dans « un difficile équilibre diplomatique », recomposant une relation autour du gaz, du Sahara et de la coopération migratoire.

L’ombre italienne

Et puis il y a l’ombre italienne. “Pendant que Madrid tente de réparer sa relation avec Alger, l’Italie s’est imposée comme le hub énergétique majeur de l’Europe du Sud”, note La Vanguardia. El Mundo enfonce le clou : “L’Espagne a subi un déclassement géopolitique durable. La normalisation actuelle est low-cost : l’Algérie vend son gaz car elle a besoin de devises, mais ses investissements et sa complicité politique se sont déplacés vers les Alpes”.
Au bout du compte, la relation Espagne–Algérie fonctionne, mais sous assistance. Le gaz agit comme un respirateur artificiel, empêchant la rupture sans restaurer la confiance. La coopération reprend, mais elle reste encadrée par un plafond politique clair : le Sahara occidental. L’Espagne est revenue, mais dans une position redéfinie — celle d’un partenaire utile, sans retrouver son statut d’allié privilégié.

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