Le Brent grimpe à 106 dollars, balloté par la guerre des mots entre Washington et Téhéran

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Le baril de Brent a franchi 106 dollars ce jeudi 26 mars, porté par l'escalade verbale entre Washington et Téhéran.

Ce jeudi 26 mars à 10h29, le Brent s’établissait à 106,24 dollars le baril, en hausse de 4,02 dollars (+3,93 %) sur la séance. Le WTI suivait à 93,68 dollars, en progression de 3,36 dollars. La veille, le baril avait clôturé autour de 101 dollars après avoir ouvert dans la matinée aux alentours de 98 dollars.

Le regain s’explique par la séquence diplomatique de la nuit. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré mercredi à la télévision d’État que l’Iran n’avait « pas l’intention de négocier mais de continuer à résister ». Donald Trump a répliqué en assurant que Téhéran voulait « absolument conclure un accord » mais que ses responsables « avaient peur de le dire », craignant d’être éliminés par les leurs.

La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a pris ses distances avec les détails publiés du plan en quinze points, affirmant que la Maison Blanche ne l’avait « jamais confirmé » dans son intégralité et que certains éléments rapportés n’étaient « pas entièrement factuels ».

Entre 2 000 et 3 000 parachutistes de la 82e division aéroportée américaine ont reçu des ordres écrits de déploiement au Moyen-Orient. Combiné à deux unités expéditionnaires de Marines déjà en mouvement vers le Golfe, ce déploiement pourrait porter à 6 000 ou 8 000 le nombre de soldats américains à proximité de l’Iran.

Selon plusieurs sondages publiés mercredi, 59 % des Américains estiment que les États-Unis ont eu tort d’engager des opérations militaires contre l’Iran, et 62 % s’opposent à un déploiement de troupes au sol.

Hormuz, bientôt soumis à péage

Du côté iranien, Téhéran a formulé une contre-proposition en cinq points exigeant la fin des hostilités sur tous les fronts, le paiement de réparations de guerre et la souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz. Cette revendication prend désormais une dimension législative concrète : selon des médias iraniens, le Parlement de Téhéran travaille à l’adoption d’un projet de loi instaurant des droits de passage pour les navires souhaitant transiter par le détroit.

Le texte doit être définitivement adopté la semaine prochaine, ce qui conférerait à l’Iran une tutelle juridique formelle sur cette voie maritime. Des sources citées par Bloomberg indiquent que Téhéran perçoit déjà des droits pouvant atteindre deux millions de dollars par navire commercial autorisé à franchir le passage. Depuis le début du conflit, seul un nombre limité de bâtiments a pu traverser le détroit au cours des semaines écoulées.

Les frappes se sont poursuivies dans la nuit, avec de nouvelles attaques des Gardiens de la Révolution sur le nord et le centre d’Israël. Les marchés pétroliers, quand à eux, enregistrent mécaniquement chaque déclaration : chaque démenti de Téhéran fait remonter le baril, chaque signal de Washington le fait refluer.

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