L’Algérie perd du terrain dans la transition énergétique. Selon l’édition 2026 de l’Indice de transition énergétique (Energy Transition Index – ETI), publiée par le Forum économique mondial (WEF) en partenariat avec Accenture, le pays se classe à la 94e place mondiale sur 120 économies évaluées. À l’échelle africaine, l’Algérie occupe la 12e position.
Ce résultat marque un recul par rapport à l’édition précédente. En 2025, l’Algérie figurait au 89e rang mondial et à la 9e place africaine. En un an, le pays a donc perdu cinq places dans le classement mondial et trois positions sur le continent.
Cette évolution intervient alors que plusieurs pays africains accélèrent leurs investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures énergétiques. Malgré ses ressources considérables, l’Algérie peine encore à transformer son potentiel en performances concrètes.
L’Algérie distancée par ses voisins maghrébins
Le nouveau classement confirme l’avance prise par certains voisins de l’Algérie dans le domaine de la transition énergétique.
La Tunisie se classe deuxième en Afrique et 62e dans le monde. Le Maroc occupe quant à lui la cinquième place africaine et le 72e rang mondial. Les deux pays continuent ainsi de devancer largement l’Algérie.
Le rapport montre également que plusieurs économies africaines affichent de meilleurs résultats. C’est notamment le cas du Gabon, de l’Afrique du Sud, du Cameroun, du Nigeria, de l’Égypte, du Ghana et du Kenya.
L’Algérie se retrouve ainsi à la 12e place africaine malgré son statut de première puissance énergétique du Maghreb et de plus grand pays du continent.
Comment est calculé le classement ?
L’Indice de transition énergétique évalue la capacité des pays à construire des systèmes énergétiques performants, durables et accessibles.
Le classement repose sur 44 indicateurs. Trois dimensions principales sont prises en compte. La première concerne la sécurité énergétique et la fiabilité de l’approvisionnement. La deuxième mesure la durabilité environnementale du système énergétique. La troisième évalue l’équité énergétique à travers l’accessibilité et le coût de l’énergie pour les populations.
En parallèle, le rapport analyse le niveau de préparation des pays à la transition énergétique. Cette évaluation porte notamment sur la qualité de la réglementation, l’engagement politique des gouvernements, les capacités de financement, l’investissement, l’innovation, les infrastructures ainsi que l’éducation et le capital humain.
Les performances du système énergétique représentent 60 % de la note finale. Les facteurs de préparation à la transition comptent pour les 40 % restants.
La Namibie devient le leader africain
L’édition 2026 place la Namibie au sommet du classement africain. Le pays occupe la 61e place mondiale avec un score de 56,2 points.
Cette performance s’explique par le développement rapide des énergies renouvelables, notamment l’hydroélectricité, ainsi que par les investissements engagés dans la filière de l’hydrogène vert.
La Tunisie arrive en deuxième position africaine avec une 62e place mondiale. Le Gabon complète le podium en se classant 66e dans le monde.
L’Afrique du Sud (69e), le Maroc (72e), l’île Maurice (73e), le Cameroun (78e), le Nigeria (80e), l’Égypte (84e) et le Ghana (85e) complètent le Top 10 africain.
La Suède reste numéro un dans le monde
Au niveau mondial, la Suède conserve la première place pour la troisième année consécutive. Elle devance la Finlande, le Danemark, l’Estonie et la Norvège.
Le rapport souligne que la transition énergétique mondiale poursuit sa progression. Toutefois, les avancées demeurent inégales. En effet, près de 75 % des investissements mondiaux dans les énergies propres sont concentrés dans un nombre limité de pays.
Par ailleurs, de nombreux pays émergents continuent de faire face à des coûts de financement élevés et à un manque d’investissements dans les infrastructures énergétiques.
Un potentiel considérable encore sous-exploité
Le classement met en évidence un paradoxe. L’Algérie dispose pourtant d’atouts majeurs pour devenir l’un des leaders africains de la transition énergétique.
Le pays possède la plus grande superficie d’Afrique. Il bénéficie également d’un ensoleillement exceptionnel parmi les plus élevés au monde. Son immense territoire saharien offre des conditions idéales pour le développement de grands projets solaires.
L’Algérie nourrit également des ambitions importantes dans l’hydrogène vert. Plusieurs partenariats ont été lancés avec des groupes internationaux afin de développer cette filière stratégique.
Cependant, ces avantages ne se traduisent pas encore dans les classements internationaux. La dépendance aux hydrocarbures reste élevée. Les investissements dans les énergies renouvelables progressent, mais à un rythme insuffisant pour rivaliser avec les pays les mieux classés.


